La chambre de l’agriculture de la wilaya de Tipasa a abrité, ce week-end, la fête de la fraise, un rendez-vous incontournable pour de nombreux producteurs qui participent à la dixième édition cette année consacrée dans son volet communications à la «fertilisation raisonnée», «la conduite de la serre en hors sols, sous serres multi chapelles» ainsi que sur «la protection phytosanitaire de la fraise» ainsi que «ses enjeux et sa durabilité».

Les producteurs de fraise de la wilaya de Tipasa sont, chaque année, de plus en plus nombreux et ne ratent pas ce rendez-vous de la chambre de l’agriculture (CAW) organisé en collaboration avec les instituts techniques et les opérateurs économiques qui célèbrent cette nouvelle édition en mettant l’accent sur le développement de la filière qui est passée de 200 ha il y a 10 ans à plus de 600 ha aujourd’hui, enregistrant un engouement exponentiel. La manifestation est, depuis, devenue incontournable, non seulement, pour déguster les fraises même si elles sont parfumées aux produits phytosanitaires de l’avis de tous, mais aussi choisir le meilleur producteur de la wilaya tout en s’informant sur les techniques de culture les plus appropriées avant de conclure avec le choix du meilleur gâteau ou tarte à la fraise organisé en collaboration avec le secteur de la formation professionnelle. Une trentaine de producteurs venus des communes de Douaouda, Koléa, Fouka, Bou Ismail, Attatba et Chaïba ont exposé une grande variété de leurs produits qui font l’objet d’un concours du meilleur producteur de la wilaya sur le thème des techniques de multiplication des plants de fraise et d’introduction de variétés qui s’adaptent au climat algérien. Selon le secrétaire général de la Chambre de l’Agriculture de la Wilaya, les agriculteurs disposent, maintenant, d’un véritable savoir-faire en la matière en maitrisant surtout la technique de l’arrosage par le goutte-à-goutte. Selon le même responsable, les producteurs dans la wilaya de Tipasa cultivent 11 variétés qui ont fait leurs preuves en Algérie, à savoir la Camarosa, la Nayad, la Toudla, la Festival, la Ventaria, la Viva, l’Amiga, la Fortuna, la Ciba, la Carmela et enfin la Camela. La superficie consacrée à cette spéculation est de 600 ha (en constante augmentation) avec un rendement de 250 q à l’hectare. Les variétés cultivées, à ce jour, en Algérie qui sont hybrides, indiquera notre interlocuteur, donnent de très bons résultats et le seul problème auquel sont confrontés les agriculteurs est qu’ils restent tributaires de l’importation des plants qui sont ramenés d’Espagne, d’Italie ou encore d’Egypte. Selon les participants, même si les coûts financiers de cette culture restent assez élevés vu que pour 01 hectare de fraises, le producteur dépense 500 millions de centimes et la fragilité du fruit qui doit être, aussitôt, écoulé sur le marché, le développement de la culture de la fraise est en expansion dans la wilaya après son introduction il y a deux décennies dans la commune de Nador. L’autre avantage de cette spéculation agricole, selon eux, est son prix attractif, ce qui explique l’engouement des producteurs sans oublier l’utilisation d’une main-d’œuvre tout au long de l’année et en période de récolte qui peut mobiliser beaucoup de travailleurs saisonniers. Il existe à ce jour, dans la wilaya plus d’une centaine de producteurs, depuis son introduction dans les années 1980, où elle était cultivée en pleins champs, actuellement l’ensemble des exploitations sont exploitées surtout sous serres. Les organisateurs de cette manifestation ont mis à profit la présence des producteurs pour aborder, à travers des communications d’experts, la problématique des maladies qui touchent la fraise dont celle dite « la pourriture grise ou Botrytis» et son principal prédateur qu’est le « Tryps », un insecte ravageur qui se développe par manque d’aération de la serre , le mauvais ensoleillement et la méconnaissance des agriculteurs dont le seul souci est la croissance. Les communications sont animées par les spécialistes de l’ITCMI et les opérateurs économiques versés dans la protection phytosanitaire des cultures ainsi que sur les questions d’assolement, de la pratique de la rotation, de la fertilisation, de l’itinéraire phytosanitaire et de la multiplication des plants.