L’association Home/Apajee (Association pour la promotion des activités des jeunes et des enfants pour l’environnement) a organisé, cette semaine, une cérémonie de clôture du projet « Pêcheur responsable », qui a eu lieu à la Maison de l’environnement de Tipasa.
Ce projet, comme l’a rappelé la présidente de l’association Samia Balistrou, qui a duré dix-huit mois au profit des « utilisateurs de la mer », est né dans le sillage de la convention signée entre le ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables et l’Agence de coopération technique belge.
La cérémonie a été ponctuée par la projection d’une vidéo sur le projet qui a touché 60 pêcheurs venus des cinq ports de la wilaya, ainsi que la présentation du guide du pêcheur responsable et de la charte qui les unira désormais pour protéger la biodiversité. Les bénéficiaires de ce projet sont 60 pêcheurs, issus des cinq ports de pêche de la wilaya de Tipasa, afin de les sensibiliser à la protection et la préservation du milieu marin qui subit toute sorte de pollution, sans oublier les actions de sensibilisation et de vulgarisation destinées au grand public concernant l’environnement marin largement négligé.
Au cours de la cérémonie, qui a eu lieu en présence d’une représentante de l’ambassade de Belgique en Algérie, les responsables de Home ont présenté le bilan final du projet, qualifié de positif et très instructif pour les bénéficiaires, ainsi que le guide des bonnes pratiques de la pêche durable par l’expert formateur. La cérémonie s’est achevée par la signature d’une convention entre la Chambre de la pêche et l’association Home pour poursuivre le travail de sensibilisation et inciter les pêcheurs à protéger leur outil de travail et par-delà de la ressource halieutique qui est en danger en raison de la surpêche et de la pollution entre autres. La séance de clôture a, aussi, été marquée par la prise de parole de trois pêcheurs responsables, Salah de Bouharoun, El Aïd de Tipasa et Belkacem de Cherchell, qui ont, tour à tour, parlé de la formation dont ils ont bénéficié et rappelé l’urgence à protéger l’environnement marin des différents prédateurs.
Il faut rappeler que ce projet a débuté sous forme de plusieurs ateliers de formation intitulés « pour une pêche responsable », qui se sont tenus à Cherchell, Bou Haroun et Tipasa avec une soixantaine de pêcheurs, axant la réflexion sur l’adoption d’une charte et d’un guide de bonne conduite qui définit les principes pour une pêche responsable tenant compte de tous les aspects biologiques, technologiques, économiques, sociaux, environnementaux et commerciaux. Les travaux en atelier ont permis de faire un tour d’horizon des problèmes qui affectent le milieu marin et, par conséquent, la ressource halieutique de manière générale en vue de proposer des solutions pour y remédier, ce qui ne semble pas être une mince affaire étant donné l’état des lieux dans ce domaine.
Durant les journées de formation, marquées par des débats sur différents thèmes, tout a été dit ou presque, à commencer par la situation de la pêche en Algérie, la réglementation en vigueur qui, de l’avis de tous, est complète mais pas appliquée, les Aires marines protégées (anses de Kouali à Tipasa, îles Habibas à Oran et l’île de Rachgoune à Tlemcen) en Algérie et en Méditerranée, le stock exploité et les pêcheries et, bien sûr, le recensement des mauvaises pratiques des usagers de la mer et, enfin, les recommandations pour protéger la ressource.
L’association Home a fait appel à des professionnels pour animer les ateliers, en l’occurrence le professeur Nouar Ahmed, spécialiste en halieutique à l’université Houari-Boumediène, et Méziani, enseignant à l’Ecole de pêche de Cherchell, riches d’une longue expérience, et qui se sont trouvés face à un auditoire très conscient de la situation catastrophique dans laquelle se trouve les ressources halieutiques.
Les responsables de ce projet espèrent, à travers ce projet, sensibiliser les professionnels de la mer qui, faute de veiller à sauvegarder la biodiversité marine de manière générale, devraient penser à préserver leur gagne-pain en protégeant la ressource. n