L’Inspection régionale de la police de l’Est (Irpe) a livré tous ses « secrets » à la corporation des journalistes mercredi dernier. Forte de 15 wilayas entre Béjaïa et El Tarf et Tébessa, l’IRPE s’est dotée depuis quelque temps des meilleurs moyens pour contrer le crime sous toutes ses tendances.

Les moyens matériels, par exemple, la police scientifique pour déceler ce qui n’apparaît pas à l’œil nu et les tendances informatiques pour combattre la cybercriminalité. En somme, c’est la méthode Mustafa Benaini, l’inspecteur régional de la police, bon chic bon genre, qui a couvert de son empreinte toute la planète de la police de l’Est. C’est au siège de l’IRPE, donc, que le commissaire divisionnaire chargé du 5e bureau, Boubata Mohamed, a eu le privilège de dérouler toutes les actions des 15 directions de la Sécurité nationale de l’Est. Tout de go, l’exposant axera sur le ratio policier par habitant. Un agent pour 291 habitants, un chiffre honorable qui avoisine les normes internationales en la matière, en plus des 10 commissariats de la wilaya déléguée Ali-Mendjeli, avec la précision « qu’il existe des wilayas entières qui ne compte pas autant de commissariats ». Puis, des infractions au code de la route, à la sécurité sur nos stades, notamment de football, les fugues des adolescents, en passant par les petits larcins, les différents éléments de la DGSN, version Est algérien a eu du pain sur la planche. « Il faut que vous sachiez que tous les progrès enregistrés ne sont pas le fait du hasard mais de la modernisation de nos outils de travail et du taux d’encadrement de nos agents », devait souligner le divisionnaire Mohamed Boubata.
La part belle aux hallucinogènes
Pour étayer ses dires, il donnera des exemples à profusion comme les crimes de sang. L’IRP, en effet, a enregistré 108 homicides, dont 105 ont été résolus, contre 100 seulement en 2017. Notre interlocuteur, et à notre grande surprise, nous expliquera qu’une majorité des crimes se manifestent au sein de la famille, des amis et de faits conjoncturels, dans l’ordre. « Et contrairement à ce que l’on peut croire, les crimes liés à l’insécurité sont très rares, pour ne pas dire inexistants », soulignera notre hôte.
En ce qui concerne le volet des drogues, sous toutes ses formes, Annaba a été la wilaya où il y a eu le plus de délits et, bien sûr, le plus d’incarcération, tandis que pour l’ensemble des wilayas relevant de l’IRPE, il y a eu 5 901 affaires traitées qui ont permis de « récolter » 384 kg de kif traité, 335 429 comprimés hallucinogènes, 125 g d’héroïne, 670 g de cocaïne, en plus d’une quantité non négligeable de boissons alcoolisées. Et pour ces méfaits, 8 053 individus ont été présentés devant la justice. Une précision de notre orateur soulignera qu’une majorité de comprimés pour des indications pathologiques diverses, a été classée hallucinogènes, permettant ainsi à la police judiciaire et autres BRI, de mettre hors d’état de nuire des centaines de sinistres individus qui profitaient du vide juridique entourant certains comprimés pour se convertir en dealers, n’étant condamnés, dans la plupart des cas que « vente non autorisée de comprimés ».
Quant aux vols de voitures, une baisse de 84 a été enregistrée par rapport à 2017, puisque pour l’année écoulée, 624 larcins ont été enregistrés, avec, à la clé, 310 véhicules récupérés « grâce à la célérité des agents et à l’utilisation d’un matériel de détection ultra moderne », nous dira encore le divisionnaire Boubata.
Il y a eu aussi une baisse en ce qui concerne les kidnappings, 2018 ayant connue 42 cas dont 41 ont été résolus, « un record d’efficacité ».
The last but not the least, la cybercriminalité, une nouvelle forme de délinquance touchant beaucoup les femmes et les mineurs des deux sexes. Dans ce domaine, il y a eu un total de 1 165 affaires dont 991 ont trouvé leur issue, impliquant 1 043 personnes et où Tébessa occupe la première place du podium avec 229 affaires, suivie de Jijel et Sétif avec, respectivement 134 et 115 affaires.
Après les chiffres, la détente avec l’inspecteur régional de la police de l’Est, Mustafa Benaini qui, en hôte prévenant, réunira toute la corporation de la presse, ainsi que tous les officiers de haut rang de la police autour d’un café sympathique, non sans visiter le jardin expérimental implanté au sein même du siège de l’IRP, et sur lequel veille personnellement le maître des lieux. Une petite touche de verdure dans le monde des hommes en bleu, en somme. n