Encore une fois le problème de la restauration de nos têtes brunes revient au-devant de la scène de l’Education nationale, version constantinoise. En fait, les difficultés d’assurer aux gosses des écoles primaires un repas chaud n’ont jamais été résolues.

C’est tout juste si des replâtrages ont été opérés, question de calmer «la faim» des parents pour une cantine scolaire digne. En effet, depuis presque un mois, ce sont pratiquement toutes les écoles du Rocher qui souffre de l’absence de repas chauds pour les écoliers. Même l’option de repas froid n’est plus de mise, alors que les différents responsables n’ont cessé de promettre «une alimentation saine et équilibrée» pour tous les enfants du cycle primaire. Même le wali de la wilaya de Constantine s’est essayé à l’exercice de l’assurance des repas aux écoles, lors de l’avant dernière session de l’APW pour l’année 2018. Il faut dire que le ballotage des cantines scolaires entre la direction de l’éducation et la commune n’a pas favorisé un climat d’implication chez les uns et les autres, chacun se rejetant la balle, à chaque transfert des responsabilités. Si la surcharge des classes est toujours du ressort de la direction de l’éducation, la cantine pour les «primaires» est revenue sous le giron de l’APC. Cette dernière, qui a toujours clamé avoir hérité d’une situation «catastrophique», a quand même reçu un soutien sonnant et trébuchant de la part de la wilaya, et ses divers responsables n’ont pas manqué de promettre une meilleure approche et gestion des cantines scolaires, du moins en présence du wali de Constantine. Les résultats ont prouvé le contraire, et pour les écoles qui ont vu disparaitre la pitance chaude pour ses élèves, le repas froid, comme la température depuis le mois de décembre, est venu remplacer une restauration que l’on promettait exemplaire. Les directeurs des écoles ou les cantines appartiennent déjà au passé dénoncent un manque de personnel, absence d’espace pour la restauration, et pire, des fournisseurs que l’on paye au gré des vents. Le résultat, sans appel, ne s’est pas fait attendre : des dizaines de milliers d’écoliers n’ont plus accès à la cantine scolaire. Repas froid et classe glacée A El Kantara, c’est une école que nous ne nommerons pas qui ne sert plus de repas chauds. Plus de f’louss et une APC qui reste sourde à ses doléances. Le directeur a quand même pu, grâce à des connaissances personnelles, opérer une «touiza» avec une école plus riche, où les parents d’élèves ont mis les mains dans les poches pour assurer à leur progéniture des repas… froids. «Je sais que ça ne durera pas, dira avec amertume notre interlocuteur, mais pour le moment, c’est tout ce que je peux faire». D’autres écoles, par contre, qui ont un responsable moins débrouillard, ont carrément jeté l’éponge, et la restauration promise chaude s’est très vite refroidie. Même l’option repas froid a aussi disparu, et ce sont des enfants aux ventres creux qui reprennent les cours. Le ou les dysfonctionnements trouvent leurs origines, en «l’oubli» de l’APC de s’acquitter de ses dettes auprès de ses fournisseurs, qui, ne voyant pas des arrhes tomber ont tout simplement arrêté d’assurer aux cuisines l’approvisionnement en produits laitiers, viandes, fruits, féculents, légumes, pains et œufs. Les fournisseurs ont donc mis un terme à l’approvisionnement des écoles et cuisines, car, nous dira encore notre interlocuteur, «ils n’ont pas été payés pour toute l’année 2018». La commune de Constantine, responsable des cantines scolaires, s’est mue dans un silence inquiétant depuis plusieurs jours, et n’a pas jugé utile de répondre aux doléances des parents et aux questionnements des journalistes. Ce n’est que le 02 février que ladite commune a jugé bon de s’exprimer à travers un communiqué où elle juge «qu’une rencontre avec les élus et les délégués communaux a permis de débattre du problème des cantines scolaires et de l’absence de chauffage dans certaines écoles, de la réorientation de certains agents des cantines ( ?) et sur la nécessité d’assurer une nourriture saine pour les écoliers». Le communiqué ne dit pas comment, et son rédacteur a sûrement dû changer uniquement la date de la diffusion dudit communiqué, puisque ce sont les mêmes propos, ou écrits, qui ont été tenus à l’entame de la rentrée scolaire en septembre. Ceci écrit, il faut signaler que le problème de la restauration, du chauffage et de la restauration n’est pas uniquement l’apanage du chef-lieu de wilaya, puisque d’autres communes ont emboité le pas à Constantine dans le non-paiement des divers fournisseurs, sachant que même s’il y a une volonté de s’acquitter de leurs dettes, les communes concernées ne pourront pas le faire avant le mois d’avril, réglementation financière oblige.
En attendant, les écoliers grelottent, mais n’ont pas besoin de se serrer puisqu’ils le sont déjà du fait de l’encombrement des bancs d’école, et espèrent des jours meilleurs pour pouvoir, enfin, prendre un repas chaud avec les potes.