La récente décision de l’Opep de réduire sa production risque de ne pas suffire pour venir à bout de la surabondance de l’offre qui caractérise le marché depuis plusieurs semaines. Preuve en est la réaction timide des cours depuis la dernière réunion de Vienne qui évoluent pour l’instant dans une tendance qui maintient

toujours les prix de l’or noir à des niveaux trop bas par rapport à ceux souhaités par l’organisation et ses partenaires qui avaient annoncé des coupes dans leur offre à 1,2 million barils par jour, avec l’espoir de redresser un baril de pétrole en chute libre, enregistrant en novembre son plus grand recul mensuel depuis dix années.

Mais le trop-plein de pétrole qui s’offre aujourd’hui au marché n’est pas le seul facteur auquel se voient confrontés les pays exportateurs de pétrole, dont notamment ceux membres de l’Opep. L’année qui arrive annonce également une demande mondiale de Brut en recul, selon le tout frais rapport mensuel de l’organisation.
Ce qui signifie, ni plus ni moins, que la réduction des 1,2 million de barils perdra fatalement de la portée qu’elle est censée avoir sur l’offre globale, et que l’objectif d’équilibrer le marché et redresser les prix devra attendre des jours meilleurs pour se concrétiser. D’où peut-être d’autres réductions à devoir décider bien avant la réunion d’avril prochain aux Emirats arabes unis pour évaluer l’impact de cette réduction.
C’est dire combien est ardue la tâche de l’Opep et combien sont réduites ses manœuvres dans une configuration de marché qui va à contresens de sa mission et, surtout, évolue aux dépens de ses membres, mais aussi de ses partenaires avec lesquels l’Opep partage près de la moitié de la production mondiale de brut.
Certes, le baril de pétrole n’est pas à ses pires jours de 2014, mais il n’est pas non plus dans ses meilleurs moments de 70 dollars, synonyme d’espoir et de regain de forme pour les économies des pays exportateurs.
C’est pourquoi, en ce mois de décembre 2018, l’Opep se trouve toujours face à une tâche ardue qui rappelle la fin de l’année 2016.