Dans ses réponses aux remarques formulées par la Cour des comptes, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a lié la réévaluation et les retards constatés dans les projets à la lenteur des démarches pour trouver du foncier notamment dans les grandes villes

, aux procédures de marchés publics et au manque de maturité des projets, ce qui provoque le changement de leur contenu financier. Expliqué autrement, le montant de départ du financement de projets augmente de façon considérable. Ainsi, la réévaluation de projets a entraîné des rallonges budgétaires découplées du budget adopté par l’APN, et a fait gonfler les dépenses. Les retards constatés dans la réalisation des projets, engendrent des réévaluations récurrentes dans les montants financiers, reconnaît d’ailleurs le ministre. Ces incohérences ont été soulignées dans le dernier rapport de la Cour des comptes. Récemment, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a appelé les walis à mieux s’organiser pour avoir plus d’emprise sur les facteurs du développement local et sur la rationalisation des dépenses.
M. Ouyahia a ainsi précisé qu’il était nécessaire de maîtriser le programme actuel de développement d’une valeur globale de 13,500 milliards de dinars, en évitant les retards qui induisent la réévaluation. Le Premier ministre a en fait ouvert le dossier des surcoûts engendrés par des projets mal pensés et mal gérés. Et cela coûte cher au Trésor public. Selon le ministre des Finances, chaque année, et suite au rapport de la Cour des comptes, le Premier ministre demande une réponse à chaque secteur sur toutes les remarques évoquées dans le rapport sur les dysfonctionnements constatés, ainsi que les mesures prises afin de remédier aux insuffisances. Raouya reconnaît en fait l’existence de surcoûts, tout en soulignant la nécessité de disposer de procédures simples afin de les réduire au maximum. Pour plus de maitrise des dépenses publiques, des mesures ont été prises et ont permis de réduire d’une manière significative les réévaluations. Et à titre d’exemple, il a été procédé à la baisse des réévaluations 1013,50 milliards de dinars en 2007, à 253 milliards de dinars en 2016 ce qui correspond à une baisse de 77%. Il s’agit là d’indications fournies par Abderrahmane Raouya. Au chapitre fiscal, le ministre des Finances a usé d’arguments mesurés, mais aussi en faisant preuve d’enthousiasme pour l’amélioration du recouvrement fiscal et douanier. Pour lui, les réévaluations des prévisions fiscales sont liées directement aux ajustements des dépenses de l’Etat et cela engendre l’introduction de rectification chaque fois que nécessaire. Toutefois et s’agissant de la faiblesse de recouvrement fiscal, le ministre a reconnu certes cette faiblesse, mais il a souligné que des résultats positifs sont enregistrés chaque année en faisant baisser le taux de la fiscalité pétrolière grâce à l’augmentation des recouvrements des recettes ordinaires, qui sont passées de 1 179 milliards de dinars en 2008, à
3 343 milliards de dinars en 2016, ce qui vaut une croissance de 184% durant 9 ans. Une croissance à trois chiffres est bonne à prendre. Mais elle n’éclipse cependant pas la nécessité de veiller à ce que le recouvrement soit optimal a fortiori dans un pays qui a tant besoin de ressources pour son budget. Pour ce qui se rapporte au reste à recouvrer, qui a été largement critiqué par la Cour des comptes, le ministre a indiqué qu’il s’agit dans la majorité des cas des amendes judiciaires non payées, et nous avons pris plusieurs mesures pour maîtriser ces restes à recouvrer, des mesures ont été prises pour faciliter le paiement de ces amendes. Toutefois, a-t-il poursuivi, les amendes et taxes qui sont irrécouvrables seront classées comme étant des parts sans valeur. Mais ces objectifs ne pourront être réalisés, que si l’administration fiscale dispose de moyens et le système fiscale se modernise. Evoquant le déséquilibre constaté entre la contribution des entreprises et les salariés dans la fiscalité, le ministre a indiqué que les entreprises payent différentes formes de taxes : TAP, TIC, IBS, entre autres, et leurs contributions sont plus importantes. Quant à l’impôt sur le revenu, il a été de 26,8% en 2016