Après avoir décidé de réduire leur production, les producteurs de pétrole ont convenu de se réunir en avril afin d’évaluer l’impact de cette réduction sur les prix et également signer un accord de coopération à long terme.

L’annonce a été faite hier par le ministre de l’Énergie emirati Suhail Al-Mazrouei. L’Opep et ses partenaires non-Opep avaient décidé de réduire la production de 1,2 million de barils par jour à partir de janvier, après une dégringolade inquiétante des cours qui ont cédé 25% en quelques semaines. Le prix du baril se situe actuellement autour de 60 dollars, contre plus de 85 dollars début octobre. Une éventuelle remontée est toujours attendue. De son côté, la compagnie pétrolière nationale des Émirats ADNOC a déjà informé ses clients qu’elle réduirait sa production de 2,5% à partir de janvier. Les Émirats, quatrième producteur de l’Opep, produisent environ 3 millions de barils par jour. Lors de la réunion d’avril les 14 pays de l’Opep signeront officiellement avec leurs partenaires
(10 autres producteurs) un accord de coopération à long terme. Ce qui ne ferait que renforcer l’alliance avec la Russie et d’autres producteurs. Cette alliance a rendu l’Opep « plus forte et plus efficace», selon des observateurs. Confirmé par les principaux acteurs. «L’Opep n’est plus le groupe des 30 millions de barils. Avec les pays non membres, y compris la Russie, nous parlons maintenant de 50 millions de barils, soit la moitié de la production mondiale », a estimé le responsable émiratis. L’Opep avait légèrement réduit sa production de brut en novembre, en raison notamment du ralentissement enregistré par l’Iran, qui fait face au retour des sanctions américaines. La production totale de brut de l’organisation pétrolière a baissé de 11.000 barils par jour en novembre à cause d’une moindre production de l’Iran, du Venezuela, du Nigeria et de l’Irak, selon des sources citées par l’Opep dans son dernier rapport mensuel sur le pétrole. Ledit rapport estime que la production a atteint un total de 32,97 millions de barils par jour. Et que l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït ont augmenté leur production. En revanche l’Iran, sous l’effet des sanctions américaines, a connu la plus forte baisse, sa production chutant de 380.000 barils par jour par rapport à octobre. Le troisième pays producteur de l’Opep n’a pompé que 2,954 mbj le mois dernier, après 3,333 mbj en octobre et 3,451 mbj en septembre. Pour rappel, après s’être retiré en mai de l’accord de 2015 sur le nucléaire, Washington a rétabli en novembre des sanctions contre Téhéran. Selon son dernier rapport paru hier, l’Opep a légèrement revu à la hausse la prévision de la production des pays extérieurs à l’organisation pour l’année en cours. Elle a en revanche légèrement révisé à la baisse la demande pour 2019, en raison notamment de l’accord établi vendredi entre l’Opep et ses alliés, prévoyant la baisse commune de leurs productions. Cette réduction, calculée à partir des niveaux de production d’octobre, doit être portée à 800.000 barils quotidiens par les quatorze pays de l’Opep et de 400.000 par ses dix partenaires dont la Russie. Pour la croissance de la demande, l’Opep a maintenu ses prévisions inchangées, après les avoir révisées à la baisse le mois dernier. La croissance de la demande mondiale est attendue à 1,5 million de barils par jour cette année pour atteindre un total de 98,79 mbj. Pour l’an prochain, la croissance est attendue à 1,29 mbj. La consommation mondiale atteindrait ainsi 100,08 mbj, ajoute le rapport. En tout état de cause, hier, les prix du pétrole progressaient en cours d’échanges européens, après des chiffres sur la baisse des stocks des Etats-Unis et en attendant ceux, plus officiels, du gouvernement américain.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février valait 61,19 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 99 cents par rapport à la clôture de mardi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour janvier gagnait 95 cents à 52,60 dollars. Mardi, les chiffres de la fédération professionnelle API ont fait état d’une baisse des stocks de brut américains de 10,2 millions de barils sur la semaine achevée le 7 décembre, tandis que les analystes tablaient sur une diminution de 3,5 millions, a souligné Warren Patterson, analyste pour ING. n