La première introduction d’une PME en Bourse a été officialisée hier à Alger. Il s’agit d’AOM Invest, une entreprise spécialisée en tourisme thermal. Intervenant lors d’un point de presse tenu à l’issue de la cérémonie, le ministre des Finances a écarté le recours à des amendements s’agissant de l’émission des «sukuk» par les entreprises dans le cadre de la finance islamique.

«La réglementation actuelle suffit amplement», a-t-il dit formel. Soulignons à ce sujet qu’a contrario des «sukuk souverains», les entreprises sont dans l’obligation d’avoir l’aval de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse. Et au ministre de rappeler l’instruction de la Banque d’Algérie qui «prend en charge l’ensemble de ces préoccupations». En effet, la Banque centrale a indiqué, novembre dernier, que le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC) a examiné et approuvé le règlement relatif aux conditions d’exercice, par les banques et établissements financiers, des opérations bancaires relevant de la «finance participative» portant sur les produits financiers conformes à la Charia.
Ce règlement 18/02 définit les règles applicables aux produits dits participatifs ne donnant pas lieu à perception ou versement d’intérêt. Les objectifs de ce règlement régissant cette activité spécifique des banques classiques universelles visent à prendre en charge les particularités de ce mode de financement et de collecte de ressources, à répondre au mieux aux attentes, actuelles et futures, des opérateurs économiques, à renforcer l’inclusion financière en contribuant à la mobilisation de l’épargne, en général, et particulièrement à celle circulant en dehors du circuit bancaire.
Les guichets dédiés à la finance participative, eux, devraient s’articuler autour de trois principes fondamentaux : la graduation dans l’application, la consultation dans l’élaboration et l’inclusion de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux. D’autre part, le ministre a invité les responsables de la place financière à redoubler d’efforts et contribuer à la réussite du projet de modernisation des infrastructures techniques du marché financier mené avec un prestataire étrange, et qui est «en phase d’acquisition du matériel technique». La modernisation des plateformes institutionnelles du marché financier, enchaîne-t-il, «va accroître l’attractivité de la Bourse vis-à-vis des émetteurs et améliorer le potentiel de levée de fonds par des sociétés cotées en Bourse». A propos de l’introduction d’AOM Invest en Bourse, M. Raouya a indiqué qu’elle permet d’asseoir une notoriété à l’entreprise auprès du grand public et des investisseurs. Quant aux entreprises qui se heurtent jusqu’ici à un nombre de contraintes, M. Raouya s’est dit convaincu qu’elles «peuvent désormais, grâce au marché alternatif, bénéficier d’un financement à faible coût, lequel peut leur permettre, entre autres, de consolider leur fonds propre». Quant à Yazid Benmouhoub, directeur général de la Bourse d’Alger, il explique que l’introduction est le fruit d’un long processus de vulgarisation mené depuis 2013. Et se dit «réjoui» de voir les opérateurs économiques percevoir et apprécier les avantages financiers et non financiers qu’offre une cotation en Bourse.