L’épilogue de la finale de la Copa Libertadores entre River Plate et Boca Juniors a été long à se dessiner comme le feuilleton organisationnel du match « retour » qui a tenu toutes ses promesses. Rebondissements, football technique, engagement et 120 minutes de spectacle au stade Santiago Bernabéu (Madrid/Espagne) qui a vu River, vainqueur 3 buts à 1 (a.p,) sacré pour la 4e fois de son histoire après 1986, 1996 et 2015. Un résultat suffisant pour soulever le trophée après le nul (2/2) lors de l’ « acte I » à la Bombonera (Argentine).

Pour les deux formations mythiques de Buenos Aires, c’était le match à ne pas perdre. Il ne s’agissait pas seulement de soulever la coupe mais de marquer le territoire et d’avoir « une gloire éternelle » au risque de « traîner la honte pendant les cent prochaines années. » Dans cette lutte âpre et sans merci, c’est le River qui s’en est sorti.
Un succès historique pour remporter la dernière édition de l’équivalent de la ligue des Champions européenne en Amérique latine. Un opus 2018 qui marquait la fin des finale en mode « aller-retour ». Une 59e édition qui restera certainement gravée dans la tête des « Gallinas » car cette consécration a été acquise au détriment de l’ennemi juré : Boca qui avait pourtant bien débuté la partie en ouvrant le score juste avant la pause grâce à un face à face bien-maîtrisé par Benedetto (43’).
Quintero, coaching et «scud» dévastateurs
A ce moment-là, la « Banda Roja » semblait dépassée dans le jeu. La mi-temps a fait beaucoup de bien à l’équipe qui a pu se réajuster sur le plan tactique et reprendre la partie par le bon bout. Notamment après l’entrée décisive de Juan Fernando Quintero qui a permis aux siens de jouer plus dans la profondeur et faire ainsi très mal à l’adversaire. Le Colombien a réalisé le décalage sur l’égalisation de Lucas Pratto (68’) déjà buteur à l’ « aller » lui qui a été formé à… Boca.
La suite, c’est toujours Quintero qui l’a écrite avec un véritable scud du gauche ayant fait basculer un peu plus cette rencontre à la 109e. Surtout que les « Bosteros » étaient réduits à 10 après l’expulsion de Barrios (92’). Une frappe instantanée et dévastatrice qui a renversé la situation en prolongations. Un coup de massue duquel les ennemis jurés ne se relèveront jamais. Pire, partis tous à l’abordage, même le gardien de but, les coéquipiers de Carlos Tevez ont concédé le 3e but dans le temps additionnel sur un contre éclair consécutif à un corner. Gonzalo Martinez avait définitivement plié la partie (120’+2).
Boca amer
Le clou d’un spectacle haletant et prometteur que les vaincus auront certainement du mal à revivre. « Je veux remercier et féliciter les joueurs de Boca pour la manière dont ils ont joué, même quand nous étions en infériorité numérique ils ont poussé. Il faut dire bravo à River qui est sacré champion au terme d’une finale où les deux équipes auraient pu gagner, c’était un match très équilibré. La seule chose que je ressens, c’est la tristesse de n’avoir pas gagné cette Coupe et de ne pas pouvoir l’offrir aux gens de Boca », a réagi l’entraîneur de Boca Guillermo Barros Schelotto.
Le technicien a aussi rappelé les incidents qui ont précédé ce second acte qui a été délocalisé en Europe pour des raisons de sécurité après le caillassage du bus de son club : «Cela me fait me sentir mal. Sur le plan sportif, la finale est terminée. Pour l’aspect juridique, il serait bon que la Conmebol ou le football sud-américain prennent des mesures… Pas sur la question de qui a gagné la Coupe ou sur une sanction contre River ou Boca, mais à propos de l’autre jour. L’attaque du car de Boca n’est pas acceptable. J’espère que ces choses-là changeront, mais sur l’aspect sportif, c’est fini, River a gagné », ajoutera-t-il. Une finale continentale dépaysée avec le sentiment d’avoir été lésés qui sera certainement présents pour le Boca qui n’a, de toute façon, d’autres choix que de s’incliner devant le verdict du rectangle vert. Une sentence finale qui a vu son concurrent de toujours le priver d’un septième couronnement en Copa Libertadores. Une défaite prolongeant un peu plus la disette qui dure depuis 2007. Les « Bleu et Or » devront repasser.