Quelques jours à peine après avoir reconnu le niveau faible de l’école algérienne et souligné la nécessité et l’urgence de prendre en charge les lacunes des élèves, Nouria Benghebrit a dû se justifier pour la énième fois face à ses détracteurs, qui brandissent chaque fois la carte de l’identité nationale à laquelle  on l’accuse de porter atteinte.

C’est  à l’Assemblée populaire nationale (APN), cette fois, que la ministre a dû défendre ses choix lors d’une séance de questions orales tenue jeudi dernier. Répondant à une question du député Messaoud Amraoui (Union Ennahda-Adala-Bina), ancien responsable de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), sur la privation des élèves de participer au concours international «le défi de la lecture arabe», organisé par les Emirats arabes unis (EAU), alors que l’Algérie organise un concours national similaire, en l’occurrence «Aqlam Biladi», en concomitance avec ce concours international, Mme Benghebrit a indiqué que «l’Algérie continuera à participer, comme à l’accoutumée, au concours «Défi de la lecture arabe», qui sera organisée au premier trimestre 2019». Dans ce sens, elle a tenu à rappeler la participation «remarquable» de l’Algérie aux trois dernières éditions de ce concours depuis l’année scolaire 2015-2016, lors de laquelle la concurrente algérienne Nada Akal (de Sétif) avait remporté la 3e place.
Estimant que la question du député comportait plusieurs «préjugés et idées infondées», la ministre a affirmé «qu’il s’agisse du concours «Défi de la lecture» ou du concours national «Aklam biladi», chaque manifestation a un calendrier spécifique». Dans ce sillage, elle a rappelé au député que l’objectif était de «permettre aux élèves de prendre part au programme de leur choix ou de participer aux deux concours», exprimant par la même occasion sa disposition à donner certains noms parmi les participants à ces deux manifestations.
Mme Benghebrit a rappelé également la participation des élèves à d’autres concours internationaux, à l’instar du concours épistolaire international, organisé par l’Union postale universelle (UPU) et des concours organisés par le British Council et autres organismes.
Selon la première responsable du secteur de l’éducation, le programme «Défi de la lecture arabe» a la même orientation que le programme national «Projet sur la lecture agréable», organisé en coordination avec le ministère de la Culture, depuis 2015, en vue de développer la créativité des enfants. La diversité des concours nationaux et internationaux vise à trouver le mode qui puisse convenir aux élèves pour améliorer leur niveau et perfectionner leurs capacités en matière de lecture et d’écriture. Concernant la première partie de la question relative au devenir des livres, dont ont fait don les EAU à l’Algérie et qui ont été bloqués au port, Mme Benghebrit a souligné que cette question «est infondée», précisant que «le ministère de la Culture a donné son accord pour l’entrée de ces ouvrages et que l’Entreprise nationale des arts graphiques (Enag) a été chargée de les faire sortir du port. La distribution de ces livres a été confiée au Centre national de documentation pédagogique. Après leur classement suivant les niveaux, ces ouvrages ont été envoyés et distribués dans plusieurs wilayas au profit de 500 établissements scolaires», et ce, avant la rentrée scolaire 2018-2019.n