Officiellement, la Coupe d’Afrique des nations 2019, programmée entre le 15 juin et 13 juillet, se déroulera au Cameroun. Officieusement, des bruits de couloirs annoncent une forte éventualité de la délocaliser au Maroc. Le Royaume chérifien compte sur le retard enregistré par le Cameroun qui pourrait ne pas être prêt sur le plan infrastructurel. Lors de la dernière réunion de l’Union Nord Africaine de Football (UNAF), tenue il y a deux jours, à Rabat, les Marocains ont pu avoir le soutien des sélections de la zone pour accueillir le tournoi continental en cas de réattribution.

En février dernier, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, a affirmé qu’ « il n’y a pas du tout de polémique sur la CAN-2019. Il y a une mission d’inspection et le cabinet Roland Berger, qui est en charge des audits infrastructurel et organisationnel de la CAN, a fait des inspections sur le terrain. Il y a une différence énorme entre les rapports d’inspection et le cahier de charges. De ce fait, il a été demandé au Cameroun de rattraper son retard. Il y a des gens qui sont en train de mentir.»
A ce moment là, les délais étaient encore longs pour rattraper le retard. Mais voilà que plus le mois passent, plus l’hypothèse de retirer l’accueil de la CAN 2019 aux Camerounais gagne en probabilités. Le passage de 16 à 24 équipes y est pour beaucoup. C’est pourquoi le patron de la CAF avait noté que «si le pays qui l’accueille n’arrive pas à l’organiser, nous trouverons un pays qui va l’organiser». Le niet de délocaliser la fête panafricaine n’était plus catégorique.

Verdict imminent

Le suppléant ne serait autre que le Maroc qui entretient de bons rapports avec le Malgache. Même si le successeur d’Aïssa Hayatou s’était demandé, dans une interview accordé au «Le Monde» fin septembre dernier, «pourquoi ne parle-t-on pas de l’Afrique du Sud ou de l’Egypte ? Ces pays disposent de toutes les infrastructures nécessaires.» Une manière de brouiller les pistes un peu pour celui qui avait annoncé que la décision définitive à ce sujet «sera rendue fin novembre après la dernière visite d’inspection du cabinet d’audit Roland Berger et de la CAF. » Si la deadline a été fixée pour la fin de ce mois par l’instance confédérale, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), par le biais de son président du comité de normalisation, Dieudonné Hoppi, avait indiqué, en octobre dernier, que «Beaucoup a été fait (…) et le retard va être rattrapé», en rassurant : «En l’état actuel des choses, je peux vous dire sans ambages et sans aucun risque de me tromper que le Cameroun sera prêt (…) au plus tard au 31 décembre.»Soit un mois de plus qu’ultimatum envisagé par la CAF. Un sursis grotesque et exagéré?

Le foot business plus fort que les efforts ?

Certains sites, comme les stades d’entraînements de Coton Sport, Poumpoumré, Reyré et Cénajes ont été livrés en septembre dernier. L’enceinte d’Olembé a aussi vu la pose de la toiture et serait livrée définitivement en décembre. L’antre de Bafoussam est, quant à lui, prêt depuis longtemps. Au pays de Samuel Eto’o et Roger Mila tout est mis en œuvre pour être dans les délais.
Parallèlement, le lobbying marocain vire au forcing sachant que l’UNAF a, via une correspondance envoyée à l CAF, signifié qu’il serait préférable que le tournoi biennal se tienne chez nos voisins qui présentent de meilleures garanties pour la réussite de l’évènement phare du continent. Sachant que la Tunisie, le Maroc et l’Algérie ont, en attendant la Libye, déjà validé leur ticket, la requête risque de peser au détriment d’un Cameroun qui lutte seul pour honorer ses engagements. Pas vraiment fair-play mais c’est la dure loi du foot business.