Le chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a défendu mardi 20 novembre la force conjointe du G5 Sahel destinée à lutter contre la menace djihadiste dans la région. Dans un entretien accordé à l’AFP, l’homme fort de Nouakchott, dont le pays abrite le secrétariat général du G5, a estimé que cette force faisait mieux que celle de l’ONU au Mali, la Minusma.

A une question de l’agence de presse relative au rapport la semaine dernière par l’ONU sur les retards pris dans la mise à pied de la force conjointe, le chef de l’Etat mauritanien a répondu «les Nations unies ont la Minusma, qui coûte plus d’un milliard de dollars cette année et qui engage plus de 13 000 hommes». «Le G5 fait avec le peu de moyens qu’il a, et avec beaucoup de promesses, alors que la Minusma a énormément de moyens et ne fait pas si bien. Si on relativise les choses, le G5 n’a pas échoué», a-t-il affirmé. «Nous ne comprenons pas que toute la communauté internationale continue à accepter qu’on engage des milliards de dollars du côté de la Minusma, sans résultat, et que les cinq pays du G5, qui sont prêts à engager leurs forces pour combattre et sécuriser la zone, n’arrivent pas à trouver un dixième de ce qui va annuellement à la Minusma», a déclaré le président Ould Abdel Aziz. Et d’ajouter : «Nous avons demandé 420 millions d’euros pour pouvoir nous équiper et démarrer, ainsi que 100 millions d’euros par an pour arriver à fonctionner, et jusqu’à présent nous n’avons pas obtenu 40% (de la somme demandée, le rapport de l’ONU parle d’environ la moitié, Ndlr). Pour le chef de l’Etat mauritanien, qui se trouvait à Oualata dans le sud du pays pour son festival culturel, «la solution au Sahel ne réside pas seulement dans les combats ni dans les équipements militaires, qui doivent être accompagnés par d’autres actions». Au Mali, a-t-il dit, le problème est multidimensionnel : la présence de trafiquants de drogue, de preneurs d’otage et des problèmes politiques localisés dans le nord du Mali, où une partie de la population s’estime lésée par le pouvoir du Sud». «En Mauritanie, a-t-il poursuivi, on n’a plus de terrorisme mais on a un trafic de drogue intense qui rapporte énormément à une population extrêmement pauvre et vulnérable, et qui vit de cela désormais». Le président Ould Abdel Aziz a fait ses déclarations sur le G5 Sahel alors que son pays accueillera le 6 décembre prochain une conférence de coordination des bailleurs et partenaires de cette organisation régionale. Il a fait savoir par ailleurs qu’il ne briguera pas un troisième mandat en 2019 mais qu’il pourrait se présenter à nouveau à l’issue du prochain. «Je suis là pour respecter et faire respecter la Constitution (selon laquel le président de la République est rééligible une seule foise). Je ne me représenterai pas dans la mesure où je veux respecter la Constitution du pays. Je vais continuer à faire de la politique et m’engager pour la Mauritanie.
Dès que la Constitution me le permettra je me représenterai. Je ne peux pas me présenter à un troisième mandat mais la Constitution ne m’empêche pas de me représenter après», a-t-il précisé. Des observateurs lui prêtent un scénario à la Poutine : faire gagner un candidat dont il deviendrait Premier ministre et garder la main sur la Mauritanie.