Jamais le volley-ball algérien n’a connu une situation aussi catastrophique que celle qu’il traverse cette année 2018 à cause de problèmes financiers dont souffrent les clubs aussi bien chez les dames que chez les hommes.

En effet, le dernier coup d’envoi du championnat national féminin de volley-ball, Nationale 1, a connu ce week-end son énième report. La première journée qui devait avoir lieu vendredi ne s’est pas jouée en raison du boycott des formations de la wilaya de Béjaïa. Encore faut-il bien préciser que la vallée de la Soummam est la région la plus représentée dans ce championnat. Et pour cause, sept des dix équipes évoluant en Nationale 1 font partie de la wilaya de Béjaïa. Il s’agit de : MB Béjaïa, NC Béjaïa, Seddouk VB, WA Béjaïa, RC Béjaïa, OS Tichy et ASW Béjaïa.

Quel est le véritable problème ?
Le véritable problème qui secoue la balle haute algérienne n’est autre que le problème financier. Or, il se trouve que c’est le cas dans toutes les disciplines. Mais, le cas du volley-ball est illustré dans la démarche des présidents des clubs qui revendiquent d’appliquer les aides financières d’une manière équilibrée entre les clubs. Le 15 septembre dernier pas moins de seize présidents de clubs (dames et hommes), venus de différentes régions du pays, se sont réunis à Bordj Bou-Arreridj dans la perspective de trouver une issue à la crise de la situation financière que traverse leurs équipes respectives. Suite à cette réunion, l’assemblée a décidé, à l’unanimité, de procéder à la création d’une commission composée de quatre membres pour le suivi des doléances. «Ces personnes ont été désignées pour représenter le collectif des présidents des clubs de la Nationale 1 d’excellence, seniors dames et seniors hommes, auprès des différentes instances gouvernementales et sportives », indique un communiqué à l’issue de la réunion.

Quelles sont les revendications ?
Le collectif des présidents des clubs demande, entre autres, une quote-part du Fonds national, l’implication de Sonatrach dans le sponsoring des clubs d’excellence (des deux sexes) de volley-ball et l’utilisation des infrastructures sportives à titre gracieux. D’ailleurs à ce moment-là, le président du MB Béjaïa, M. Boudehouche, a indiqué, entre autres
«…Comment voulez-vous que je puisse gérer deux clubs, dames et hommes, avec un budget dérisoire de 88 millions de centimes ? Pourtant, le MMB est le seul club algérien qui a pu décrocher la Coupe arabe au Liban en 2011 et souvent il est dauphin en championnat national.» Le président du MBB a même tenu à «lancer un appel au ministre des Sports, l’ancien wali de Béjaïa, qui connaît bien les rouages du secteur, pour prendre en considération nos revendications si on veut vraiment sauver des milliers de jeunes adeptes de la discipline.» Par la suite, pas moins de quatre réunions ont eu lieu entre des présidents des clubs avec des responsables du MJS après avoir annoncé deux fois le report de l’entame du championnat en vain, le problème perdure. De plus, plusieurs lettres de doléances ont été remises au MJS évoquant la situation financière des clubs, mais sont restées sans suite. Pourtant, le collectif des présidents de clubs réclament seulement une juste répartition des subventions de l’Etat notamment par les entreprises nationales. C’est le cas, remarquent-ils, de la Sonatrach qui ne finance que son club le GS Pétroliers alors que les autres clubs sont délaissés. D’ailleurs, des clubs n’ont même pas pu payer les frais d’affiliation et d’engagements à la ligue et à la Fédération faute de soucis financiers. L’heure est donc grave et il est urgent de trouver une solution définitive à cette situation qui perdure et qui enfonce de plus en plus le volley-ball algérien au fin fond des abîmes.