C’est à une véritable foire d’empoigne à laquelle on a assisté lundi dernier au centre culturel communal de Chetouane. Cet établissement, situé à la cité des
270/logements, et voisin de la Sûreté de daïra, a été réquisitionné pour accueillir les citoyens désirant déposer des recours à la suite de l’affichage des listes des 1 400 bénéficiaires de logements sociaux ainsi que 90 autres en liste d’attente.

La réquisition de ce site, qui est sous haute surveillance, est motivée par des considérations d’ordre sécuritaire et pratique, autrement dit pour éviter l’encombrement du siège de l’APC et la perturbation du fonctionnement des services. Des fourgons de l’unité d’intervention 304 de Remchi et des Patrol 4X4 sont postés dans le périmètre du Centre culturel. Voulant a priori tâter le pouls de la contestation à travers les recours, le P/APC de Chetouane, Mohamed Saïdi d’obédience FLN, qui en est à son 3e mandat, s’est rendu sous escorte policière (du fait de son statut d’officier de police judiciaire) ce lundi vers 10H30 à l’annexe de «fortune». Mal lui en a pris. Dès son arrivée sur les lieux, il sera pris à partie par une foule déchaînée. N’était l’intervention des forces anti-émeute qui l’ont évacué in extremis vers la sortie, il aurait été « lynché » par les protestataires en furie. Il faut noter qu’il a été enregistré 686 recours lors de notre passage au centre, mardi vers 10H30. Un chiffre qui ne prend pas en compte les 4 annexes relevant de l’APC de Chetouane, dont 2 à Ouzidane, 1 à Aïn El Hout et une autre à Saf Saf. L’intéressé doit fournir à ce titre une requête manuscrite, une photocopie de la CNI et une autre du récépissé de la demande de logement. L’opération, programmée sous huitaine, a débuté ce dimanche, soit à partir de la date d’affichage des listes en question. Alors que les dossiers de demande de logement sont traités par la commission de daïra ad hoc, les recours sont l’affaire d’une commission compétente siégeant auprès de l’APC, qui statuera au cas par cas. Il faut rappeler dans ce contexte qu’en décembre 2015, l’opération d’attribution de logements à Oujlida, dans la commune de Tlemcen, dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire, a failli tourner à l’émeute, lorsque les exclus du programme ont pris à partie le chef de daïra. Ce dernier, venu en compagnie d’une délégation de responsables locaux pour la séance protocolaire de remise des clefs, a essuyé des injures des plus virulentes proférées par les mécontents.E. H. T