La violence dans nos stades inquiète toujours, d’autant que depuis le début de cette saison, il n’y a pas eu une journée de championnat qui n’enregistre au moins une scène de violence de la part de pseudos supporters. Les derniers actes de violence enregistrés, avant-hier, au stade 5-Juillet par des pseudos supporters du MC Alger, dont l’équipe a perdu face à l’USM Bel Abbès (1-0), interpellent, une fois de plus tout un chacun à intervenir au plus vite.

En effet, alors que leur équipe était menée au score, des supporters du Mouloudia d’Alger ont commencé par insulter les joueurs, le staff technique et les responsables de l’équipe, avant de passer à la fin de la partie à l’arrachage des sièges. Mécontents de la défaite, ils se sont donné à cœur joie en commençant par casser les sièges des gradins  avant de les balancer sur le terrain et même contre les policiers en tenue ou en civil !
Un supporter matraqué par des policiers
antiémeute
Et là, il faut aussi noter la réaction de certains policiers à la limite de l’acharnement. Une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux montrant trois policiers antiémeute violenter à coups de matraque un jeune. Aux dernières nouvelles, ce jeune «supporter» se trouve dans un état grave. Et là, il est important de noter que les policiers antiémeute  n’ont pas à répondre par la violence. Il y a bien des lois et règlements en vigueur qu’il faut non seulement respecter, mais surtout appliquer à la lettre. Ce qui n’a pas été le cas de ces policiers. Et dans les deux cas (supporters et policiers), ce sont des actes d’incivilité et de violence condamnables qui nécessitent des sanctions exemplaires contre leurs auteurs.
18 policiers blessés, dont 4 grièvement
De son côté, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) précise, dans un communiqué, qu’elle « déplore les émeutes survenues à l’issue du match MCA-USMBA, mardi 13 novembre 2018, au stade 5-Juillet à Alger, où ses services ont enregistré la blessure de 18 policiers, dont 4 étaient dans un état grave ainsi que 22 supporters blessés ». De plus, le même communiqué indique « la destruction de 10 véhicules appartenant à la Direction générale de la Sûreté nationale ainsi qu’un véhicule privé et une ambulance de la Protection civile.»
D’autre part, la DGSN indique «que 42 personnes ont été arrêtées au cours de ces événements, 22 pour trouble à l’ordre public et d’autres pour possession d’armes blanches et de drogues et des stimulis mentaux.

Ouverture d’une enquête

La Direction générale de la Sûreté nationale a annoncé que ses services avaient ouvert une enquête au sujet de la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montrant un mauvais comportement d’un agent de la force publique en plein exercice de sa mission. La DGSN précise d’ailleurs que « des mesures administratives nécessaires seront prises » avant d’inviter « tous les supporters à être fair-play dans tous les stades ».

Les enquêtes ne suffisent pas

L’heure est très grave dans le mesure où on ne se trouve qu’à la veille de la fin de la phase aller où, il n’y a vraiment pas d’enjeux à partir le gain d’un match pour mieux se positionner au classement. Et c’est une des raisons principales qui incitent à agir au plus vite et dans l’immédiat avant la fin de saison, où les enjeux sont multiples et les fauteurs de troubles ne chercheront que des prétextes pour passer à leur action d’incivilité, à savoir commettre des actes de violence sous prétexte de montrer son mécontentement. Les huis clos, les interdictions de déplacement des supporters comme ce fut le cas pour ceux du MC Alger et du CS Constantine, après le fameux match de la demi-finale de la Coupe d’Algérie entre la JSK et le MCA à Constantine. D’ailleurs, à ce moment-là, la DGSN a ouvert une enquête sur ces actes de violence au moment où le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a installé une Commission d’enquête également. Cette Commission avait même convoqué des responsables du CSC, de la JSK et du MCA. Mais, aucune nouvelle par la suite sur les résultats de ces enquêtes.
Un nouveau dispositif de lutte contre la violence en préparation
Il est utile de rappeler au passage qu’au début du mois de mai dernier, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, avait indiqué, à Sétif, qu’un dispositif réglementaire sera prochainement applicable pour lutter contre la violence dans les stades. M. Bedoui a précisé que ce dispositif réglementaire permettra de «mieux cerner le phénomène de la violence dans les stades». Soutenant que le phénomène de la violence dans les stades était « inacceptable» et «étranger» à la société algérienne, le ministre avait relevé que ce dispositif réglementaire sera appuyé par «des dispositions matérielles», citant des caméras de surveillance de haute technologie, qui seront «installées progressivement dans les stades de toutes les wilayas du pays». Un mois plus tard, c’est au tour du  ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab, d’annoncer à El Tarf que deux projets de décrets relatifs à la lutte contre la violence dans les stades seront « prochainement » soumis au gouvernement. Le ministre avait alors  précisé que ces décrets concernent la sécurisation des infrastructures sportives et l’élaboration d’un fichier national d’interdiction d’accès aux stades aux personnes manifestant un comportement violent. On a bien tenté des sanctions diverses aussi bien contre les clubs, les joueurs, les supporters et les responsables mais les fauteurs de troubles sont toujours aux aguets pour commettre de nouveau  leurs horribles actes de violence. On a aussi bien parlé de vidéosurveillance, de fichier des interdits de stade et autres effets d’annonce, mais rien n’a changé pour le moment. Il est donc d’une urgence absolue de faire passer ces nouveaux décrets aux mains du Gouvernement dans la perspective de les mettre en application pour lutter efficacement contre ce phénomène bien nuisible à toute la société.