Le procès tant attendu de Zeghilèche Abdelkrim, le coordinateur du mouvement Mouwatan, propriétaire d’une agence de pub, et animateur d’une chaine sur Youtube, a eu lieu mardi au tribunal de Ziadia

, en présence d’un public fort nombreux venu s’enquérir des tenants et des aboutissants de l’affaire qui oppose le sus nommé plus haut, à Mohamed Latafi, un souscripteur à la société civile, et actuellement inspecteur de l’administration de l’éducation nationale. La surprise a été la présence d’un juge d’un humour et d’une gaité qui tranche avec les mines sérieuses et patibulaires qui hantent généralement les prétoires.

Le prévenu a été arrêté la veille du 1er novembre, pour être présenté au procureur de la république, et ensuite incarcéré. Nous pouvions ne pas connaître les motifs de son arrestation, mais du fait de l’activité du plaignant, Mohamed Latafi sur les réseaux sociaux, nous avons appris que les reproches faits à Zeghilèche remontent à une rencontre entre le wali de Constantine et plusieurs personnes de la société civile et de divers secteurs.

L’accusé prendra sur le site de la wilaya de Constantine, le 11 octobre, une photo de ladite réunion, la publiera sur son propre site et chaine Youtube, en qualifiant, comme légende, Latafi de traitre, de vendu et d’autres qualificatifs peu ragoutants.

Ce dernier, et comme il nous l’a déclaré bien avant le procès, essayera « par tous les moyens à ce que Zeghilèche lui présente des excuses, chose qu’il ne fera jamais, et s’entêtera à aller jusqu’au bout de sa forfaiture ».

L’issue du procès étant donc inévitable, et Zeghilèche a été présenté mardi au tribunal pour répondre de diffamations, insultes, intimidations, publications de fausses nouvelles, etc.

« Latafi est mon ami »

On croit savoir que le prévenu se verrait coller d’autres accusations, comme diffamations de corps constitué, outrage à fonctionnaire, insulte envers le président de la République, et activité journalistique au sein d’une radio sans mention sur le registre de commerce et sans accréditation des autorités compétentes en la matière. Nous apprendrons aussi, sans que nous ayons pu vérifier quoi que ce soit, que l’accusé aurait eu affaire à la justice pour escroquerie et abus de confiance en ce qui concerne son activité au sein de l’agence de communication dont il est le propriétaire.

Après audition du prévenu qui a déclaré être « un ami de Latafi », et qu’il a perdu son contrôle quand il l’a vu en photo avec le wali, du plaignant qui déclarera avoir joint Zeghilèche pour « qu’il lui présente des excuses » mais que ce dernier s’est entêté tout en poursuivant ses outrages, de la plaidoirie, et du réquisitoire, le procureur de la république requerra trois ans d’emprisonnement contre l’accusé. 

A la sortie du tribunal, si Djilali et Bouchachi se sont murés dans un inexplicable silence, eux d’habitude si diserts, Mme Zoubida Assoul, de son côté, déclarera seulement être « sûre que si Zeghilèche aurait été acquitté en ce jour, il n’aurait pas quitté la prison puisqu’il fait l’objet d’autres plaintes plus graves ». Nous aurions voulu connaître la raison de la présence des militants cadres d’El Mouwatana, pour affaire concernant un des leurs ou pour assistance à journaliste. Assoul n’en dira pas plus, et nous n’en saurons pas plus, non plus.

Le verdict sera rendu le 27 novembre prochain, du moins concernant l’affaire pour laquelle Zeghilèche Abdelkrim a comparu mardi 13.