Attendue depuis déjà près de deux ans, la confédération des syndicats algériens, initiée par treize syndicats autonomes, représentant différents secteurs de la Fonction publique, a été créée hier à Alger, suite à la tenue de son assemblée générale constitutive.

C’est après une longue attente et de nombreuses heures de travail fournies par la commission technique, installée par l’ex-Intersyndicale, que cette centrale syndicale, parallèle à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a vu le jour. Las d’essuyer des refus à leurs nombreuses tentatives de dialogue avec les autorités, les syndicats autonomes, et au lendemain de l’adoption de la réforme de la retraite en 2016, ont décidé de se regrouper sous l’égide d’une Confédération, et ce, afin de non seulement gagner en légitimité, mais aussi avoir plus de poids face aux autorités. Selon ses initiateurs, cette Confédération a pour objectif principal de contribuer à la consécration de la politique du dialogue social et de la concertation, et de dégager un «dénominatif commun en faveur de la solidarité». Pour ces syndicats, il s’agit, en premier lieu, de répondre aux préoccupations des travailleurs et de défendre leurs droits dans le cadre d’un dialogue constructif, dans le souci d’œuvrer au développement socio-économique national, et contribuer, par là même, à la cohésion sociale et la stabilité du pays.
Par ailleurs, les travaux de cette assemblée devront permettre l’adoption du projet de statut particulier, l’installation du bureau exécutif et la désignation du coordinateur national de la Confédération. «Nous avons beaucoup travaillé sur ce projet. Cette Confédération redonnera un nouveau souffle à l’action syndicale, car elle crée un réel rapport de force. Les temps ont changé et l’UGTA n’est plus représentative des travailleurs, seules les autorités continuent à y croire, en nous excluant chaque fois des débats et des décisions relatives aux travailleurs», a indiqué Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Après l’annonce de la naissance de cette centrale syndicale, les treize syndicats autonomes se dirigeront demain lundi vers le ministère du Travail pour le dépôt du dossier d’agrément. Une étape que les syndicats appréhendent d’ores et déjà, connaissant la difficulté d’arracher un agrément en Algérie. En effet, l’obtention de l’agrément pour la confédération des syndicats algériens est loin d’être une mince affaire, si l’on se réfère déjà aux expériences de nombreux syndicats autonomes qui ont dû mener de longues batailles pour décrocher le sésame. Une éventualité qui ne fait pas peur aux treize syndicats autonomes constituant la confédération, et à laquelle ils se sont longuement préparés. Rappelons que les treize syndicats activant dans différents secteurs, à l’instar de ceux de l’éducation, la formation professionnelle, la santé et les transports, se sont déjà organisés en Intersyndicale pour dénoncer la réforme de la retraite et l’avant-projet du code du travail, tout en appelant à l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs.