Il y a cent ans, la signature de l’Armistice, dans un wagon-restaurant à Compiègne (87 km au nord-est de Paris), marque la fin de la Première guerre mondiale. Une guerre meurtrière à laquelle des milliers d’Algériens ont pris part et dans laquelle des milliers laisseront leur vie. L’Armistice, signée le 11 novembre 1918 à 5h15 par les généraux allemands et les alliés, entrera en vigueur à 11h12 avec un cessez-le-feu qui signifiera la fin du premier conflit mondial.

Soixante-douze chefs d’Etat et de gouvernement, dont le Premier ministre Ahmed Ouyahia, participeront aux cérémonies commémoratives de la signature de l’Armistice. La Première guerre mondiale a causé plus de 18,6 millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils. On compte environ 9 millions de morts, dont beaucoup d’Algériens qui avaient participé aux différentes batailles, dont la célèbre de Verdun. Les historiens parlent d’environ 500 000 soldats morts après la guerre des suites de blessures ou de maladies contractées pendant la guerre. Des millions de blessés. Dans cette guerre terrible, l’Algérie a fourni à la France coloniale des milliers de soldats soumis au service militaire obligatoire et, le plus souvent, envoyés au front dans des sections d’assaut. Plus de 175 000 soldats venus d’Algérie participèrent à cette guerre, 26 000 d’entre eux ne reviendront jamais. L’Histoire le retiendra, plus de 150 000 soldats algériens ont été engagés dans le premier conflit mondial et furent présents dans toutes les campagnes de guerre, de la Tunisie à l’Italie, et poursuivirent les combats en Provence, dans les Vosges et libérèrent l’Alsace. Durant toute la période de la guerre, ils constituaient une véritable « réserve » de soldats pour la France coloniale. Les soldats algériens, des tirailleurs, embarqués le  5 août 1914 à Alger, arrivèrent le 15 août à la frontière belge. Ils étaient remarquables pour leur bravoure et leur courage au combat, selon les historiens. Ils étaient reconnus comme des hommes qui combattaient « avec ardeur et beaucoup de bravoure ». Le professeur d’histoire contemporaine, Pierre Vermeren, a estimé, dans une interview à «Paris Match», que les soldats algériens ont été les plus valeureux, et la prise de conscience du nationalisme algérien « s’était faite dans les tranchées et les usines ». Ces soldats resteront néanmoins les oubliés de l’Histoire même si certains d’entre eux seront décorés plus tard par la France. Cette dernière a entrepris la construction de la Grande Mosquée de Paris dans les années 1920 en l’honneur des « 70 000 morts musulmans » durant cette guerre qui ne les concernait pas. Une étude sur la base de données « Mémorial Genweb » révèle que parmi les morts pour la France durant cette guerre, les prénoms Mohamed et Ben Mohammed figurent dans la liste des 50 prénoms qui ont versé le plus lourd tribut au conflit. 1 204 d’entre eux étaient nés sur le territoire algérien. <