La libération des journalistes Abderrahmane Semmar et Merouane Boudiab a été accueillie avec satisfaction par la corporation tant leur mise en détention provisoire durant près de deux semaines pour des écrits paraîssait abusive. Les avocats des deux mis en cause ont, à plusieurs reprises, affirmé que les accusations dont faisaient l’objet les deux journalistes

, «menaces, insultes et atteinte à la vie privée», se rapportaient à deux plaintes relatives à des écrits sur le site Algeriepart. Cette incarcération durant deux semaines dans le cadre d’une instruction judiciaire pose néanmoins la question de la dépénalisation du délit de presse, pourtant actée par la loi algérienne. Il reste évident que la dépénalisation du délit de presse demeure un acquis important pour la corporation en Algérie. L’article 50 de la Constitution l’ayant consacré au même titre que la liberté de la presse à travers l’ensemble des supports d’information. L’article en question stipule clairement que «la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et sur les réseaux d’information est garantie. Elle n’est restreinte par aucune forme de censure préalable». Et d’ajouter que «la diffusion des informations, des idées, des images et des opinions en toute liberté est garantie dans le cadre de la loi et du respect des constantes et des valeurs religieuses, morales et culturelles de la nation. Le délit de presse ne peut être sanctionné par une peine privative de liberté». La dépénalisation du délit de presse instituée par le président de la République depuis 2011 a fait l’objet, dans la loi sur l’information de 2012, d’un intérêt particulier. Dans le chapitre des infractions commises dans le cadre de l’exercice de l’activité journalistique, il est rappelé que les journalistes ne sont passibles que d’amendes et pas d’emprisonnement. Cette évolution, qui a été considérée comme un acquis pour le métier d’informer, sera, depuis, constamment rappelée par le premier magistrat du pays. A l’occasion de la journée nationale de la presse, le 22 octobre dernier, le président de la République avait été on ne peut plus clair sur la question de la consolidation de la liberté de presse et le droit des médias à l’accès à l’information, en plaçant cette profession sous le couvert de la loi. «Souligner les insuffisances existant à travers notre vaste pays ou les dérives enregistrées ici et là, est une contribution précieuse de nos médias au redressement de la situation et au renforcement de l’Etat de droit.
Je vous exhorte, vous journalistes, de jouer votre rôle dans ce sens et de contribuer à l’orientation de la société vers le droit chemin, en vous assurant de la protection de l’Etat et de la loi», dira le président de la République