En tenant, mercredi, une réunion de coordination, les partis de la majorité présidentielle, composée de quatre formations politiques, réaffirment leur soutien au président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Ils se projettent aussi dans le futur proche dans la mesure où ils évoquent clairement la prochaine présidentielle.

Ainsi les partis du Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND), Tajamoua Al Djazaïr (TAJ), et le Mouvement populaire algérien (MPA), pactisent leur adhésion à la politique du Président. Dans le communiqué rendu public à l’issue de cette rencontre, qui a réuni les états-majors du quatuor, Djamel Ould Abbès, Ahmed Ouyahia, Amar Ghoul et Amara Benyounès, il a été fait état d’une décision de «formaliser leurs relations dans le cadre d’une coalition de soutien au président de la République».
Mais, pour la circonstance, les partis de la majorité présidentielle ne se sont pas contentés de réitérer leur soutien au Président, pour lequel ils ont toujours exprimé leur fidélité, aussi bien le FLN et le RND qui accompagnent M. Bouteflika depuis 1999, que le TAJ et le MPA qui ont rejoint l’alliance sitôt agréés par les pouvoirs publics.
Ils projettent, en effet, leur «contrat» sur le futur qui annonce la tenue de l’élection présidentielle au printemps prochain. «Après avoir analysé la situation politique dans le pays, notamment dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, les quatre partis ont décidé de formaliser leurs relations dans le cadre d’une coalition de soutien au président de la République, Abdelaziz Bouteflika», peut-on lire dans le même communiqué. En évoquant cette joute électorale, les formations politiques siégeant dans cette alliance n’en distillent pas moins des messages quant au rôle qu’elles comptent y tenir. Et si, pour le moment, le chef de l’Etat n’a pas encore affiché ses intentions de rempiler ou non pour une cinquième mandature, les partis de la majorité présidentielle déclarent leur disponibilité et leur engagement à être au rendez-vous en tenant le rôle qu’ils avaient accompli lors des précédents scrutins présidentiels.
Il va sans dire que ces partis ne tenaient pas, jusque-là, le même discours sur l’élection présidentielle 2019. Si l’ex-parti unique, le FLN, l’évoque de manière itérative dans ses sorties publiques, ce n’est pas le cas du RND et du TAJ qui se suffisent de réaffirmer leur «allégeance», alors que le MPA semble avoir opté pour une communication prudentielle. Et ces attitudes sont manifestement appelées à connaître une évolution, voire une décantation, à mesure que les semaines passent. L’on peut relever aussi que cette réunion de coordination avait, également, pour objectif de souder les rangs et de dissiper les malentendus qui peuvent exister entre les partis de la majorité dans leur soutien au président, mais qui ne cachent point leur divergence sur plusieurs questions. Il convient de rappeler que M. Ouyahia, en sa qualité de Premier ministre, avait réuni à la mi-septembre, les chefs des partis de la majorité parlementaire pour «coordonner la base politique et expliquer les orientations du Plan d’action visant à mettre en œuvre le programme du président de la République (….) et d’unifier leurs voix pour la défense du programme du Président». Les mêmes formations politiques ont tenu également, au mois d’octobre, une rencontre de coordination autour du projet de loi de finances 2019.
Bien avant la crise traversée par l’APN, le secrétaire général du RND et celui du FLN, ont tenu, au siège du Premier ministère, une réunion au terme de laquelle ils ont affirmé, qu’ils «œuvreront de concert et parleront d’une seule voix pour soutenir leur candidat à la prochaine présidentielle».