Le nombre d’Algériens en situation de scolarisation et de formation est impressionnant. Selon les chiffres officiels, en effet, ils sont plus de 11 millions d’étudiants et d’élèves à rejoindre, cette année 2018-2019, les bancs des écoles, des centres de formation et des universités que compte le pays.

Ce chiffre renseigne sur la pression démographique énorme exercée sur les structures dédiées à l’accueil de cette population digne d’un pays entier. Rien que pour l’enseignement supérieur, ses facultés reçoivent, cette année, plus de 265 000 nouveaux étudiants alors que le total est de 1, 7 million d’étudiants. L’Education nationale, elle, accueille tous les jours depuis la rentrée du 5 septembre dernier quelque 9 millions d’élèves avec un taux de 13, 7% pour le secondaire, couloir d’entrée à l’université. Quant à la formation professionnelle, on parle de 400 000 postes pédagogiques mis à la disposition des stagiaires et apprenants devant rejoindre, selon la formule consacrée, «la vie active» avant les autres. Ce nombre impressionnant de personnes en situation de formation et devant rejoindre à court, moyen et long terme le marché du travail met le gouvernement devant des défis et des enjeux colossaux. Si celui de l’accueil ne semble pas poser trop de difficultés – puisque l’Algérie dispose dans les domaines de l’éducation et de la formation d’importantes infrastructures – celui de la qualité et de la préparation aux métiers de demain demeure posé.

Sérieusement même ! Le fait que tout un peuple ou presque est actuellement en situation de formation au sens général et générique du terme, il n’y aurait rien de plus traumatisant et de plus dommageable que de lui faire rater cette formation ; et ne pas lui donner les outils nécessaires non seulement à trouver un emploi mais à incarner et à être cette main-d’œuvre qualifiée dont l’Algérie a besoin pour se développer et être au rendez-vous des ambitions de progrès qu’elle n’a jamais cessé d’afficher. On a tendance à l’oublier, les expériences passées mais récentes renseignent sur la nature de ces défis et enjeux qui nous attendent et qui peuvent nous coûter encore plus cher. Il n’y a pas si longtemps, pour tracer une autoroute d’est en ouest du pays, il a fallu recourir à une main-d’œuvre étrangère. Il n’y a pas si longtemps, pour donner forme à un programme de logements, il a fallu appeler au secours les Chinois et les Turcs, alors que le taux de chômage, notamment chez les jeunes, reste à des niveaux préoccupants. Demain, avec des besoins toujours nouveaux, chevillés à des défis technologiques sans cesse en évolution et qui touchent maintenant jusqu’aux métiers les plus artisanaux, on peut se retrouver, si on n’y prend garde, dans des situations plus délicates.