L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh célèbre le mois prochain les deux ans de son inauguration officielle par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Noureddine Saoudi, le directeur de l’institution, qui réunit sous le même toit l’Orchestre symphonique

, le Ballet national et l’ensemble de musique andalouse, a fait savoir que l’un des principaux objectifs de l’Opéra est d’investir dans la formation des nouvelles générations d’artistes. La première application de cette nouvelle orientation étant l’ouverture de classes de danse classique. Des classes de danse «pour les jeunes pousses», destinées aux enfants âgés entre 6 et 14 ans, auxquelles les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 octobre. Elles seront encadrées, nous précisent les responsables de l’Opéra, par des enseignants qualifiés, notamment issus des rangs du Ballet national. Ce programme de formation est décrit comme une première étape, avant le lancement de cycles similaires dans des disciplines vocales et instrumentales. Cette nouvelle orientation, qui va au-delà du rôle traditionnel d’un opéra, est rendue nécessaire par la situation actuelle, marquée, explique-t-on en substance, par une interrogation sur la capacité du paysage culturel a assuré son renouvellement. Noureddine Saoudi, nous a déclaré, à propos de ses objectifs, que «la formation est l’un des plus importants paradigmes, sans elle nous continuerons à survivre sur les acquis, mais par la suite il n’y aura plus rien (…) j’estime qu’un opéra doit avoir une sorte de noyau capable d’assurer des formations. Nous commencerons par des classes de danse, mais l’ambition est que l’opéra puisse servir aussi de lieu de perfectionnement tant vocal qu’instrumental». Les programmes de formation s’appuient sur les compétences de l’Opéra, mais des partenariats serons, à l’avenir, noués avec des institutions similaires étrangères, à l’image de ce qui a déjà été fait avec des opéras chinois, russe ou encore italien. «L’Opéra se doit de tisser des liens avec l’extérieur, cela fait partie de notre mission (…) nous travaillons à créer des liens avec les structures fonctionnant autour des mêmes préoccupations artistiques. Et il se trouve que nous avons pour aujourd’hui de très bonnes relations avec la Chine, l’Italie et la Russie, mais nous avons également pour ambition de tisser des liens avec d’autres institutions, d’autres opéras, notamment en Egypte, avec l’opéra du Caire, le sultanat d’Oman ou avec l’Azerbaïdjan. Ce sont des opéras situés dans d’autres sphères géographiques mais qui nous ressemblent. Le but est de bénéficier de leur expériences». Il nous précisera néanmoins que son ambition est aussi «d’arriver à des échanges artistiques (…) ce que je veux dire est que nous ne sommes pas seulement des consommateurs, nous avons des choses à faire valoir, nous avons un orchestre de qualité, des ensembles andalous ou chaabis de qualité et un patrimoine que l’on nous envie».