Le champ de défense et de militantisme pour la promotion de la langue et l’identité amazighes se renforce par la naissance du «Réseau de juristes pour la défense de l’officialisation de tamazight», qui verra officiellement le jour en novembre prochain, a-t-on appris de source sûre.

Une initiative prise suite à la «non-promulgation par l’Etat des textes d’application après l’officialisation de tamazight, et le rejet social de langue amazighe», justifie notre source, en faisant remarquer que l’officialisation de tamazight, en 2016, «n’a toujours pas garanti une meilleure considération à cette langue, que ce soit dans les institutions de l’Etat ou au sein de la population qui peine à l’accepter». C’est pourquoi, ajoute-t-elle, «les militants ont trouvé judicieux de se constituer autour d’un un réseau de juristes pour défendre tamazight et mener à terme le processus de son officialisation en rompant avec les méthodes classiques de revendication consistant à recourir aux marches et manifestations».
Le réseau de juristes sera en mesure de saisir les instances de l’Etat contre toute personne, ou entité, qui songe à freiner la promotion de tamazight, ou à désobéir à la loi suprême de l’Etat qui est la Constitution, nous explique-t-on. «Les futurs membres, principalement des juristes de formation et des défenseurs de la cause amazighe, se concertent actuellement pour définir les missions à assigner au réseau, et les moyens de les accomplir, et aussi pour dégager le plan technique et le statut interne de cette organisation, de sorte à mieux accompagner la mise en œuvre de l’officialisation de tamazight», poursuit notre source, regrettant que des actions individuelles de certains responsables soient orientées de sorte à contrecarrer l’officialisation de tamazight telle. «Nous avons un directeur de l’éducation qui distribue des formulaires pour avoir l’autorisation parentale pour l’enseignement de tamazight à leurs enfants, alors que la circulaire ministérielle 631-2004, régissant l’enseignement de la langue amazighe dans les établissements éducatifs, stipule clairement que les parents d’élèves ne sont pas tenus de signer un quelconque formulaire concernant l’inscription de leurs enfants pour l’apprentissage de tamazight. Des officiers d’état civil qui refusent d’inscrire les nouveaux nés aux prénoms berbères, transgressant ainsi la loi et la Constitution au grand dam de l’Etat», rappelle notre interlocuteur, avant d’appeler les autorités compétentes «à conscientiser le citoyen quant à l’importance de son identité et sa culture et à lui inculquer la culture d’acceptation d’autrui au lieu de le laisser cultiver le refus et l’exclusion de l’autre». «L’identité et la culture sont des éléments vitaux d’une société dynamique. Elles apportent de précieux avantages sur le plan du développement social et économique», ajoute-t-il, reprochant à ses compatriotes d’avoir une «vision tronquée des langues de moindres diffusion». «On ne doit pas avoir, en tant qu’Algériens, une vision mercantile des langues et de l’éducation, car l’identité est aussi importante pour le pays», dira notre interlocuteur. «C’est pourquoi, l’Etat doit adopter une nouvelle politique linguistique, pluraliste conformément à l’amendement constitutionnel de février et au pluralisme culturel du pays», réclame-t-il, n’hésitant pas à reprocher à «certaines formations politiques de tenter d’instrumentaliser les citoyens, tentant de les convaincre de l’inutilité» de la langue amazighe qui n’a pas «d’assise sociale» dans le pays, ce qui constitue «un grave dérapage, car tamazight est un facteur d’unité et non de discorde», conclut notre source.