Les travaux du Colloque international sur Syphax ont débuté, hier, à Aïn Témouchent, Siga, de son nom antique et capitale des Massaesyle, peuple de la Numidie orientale.

Organisés par le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), ils se poursuivront jusqu’au 24 septembre et porteront sur six grands thèmes abordés par des chercheurs algériens et étrangers. Selon le Secrétaire général du HCA, Si El-Hachemi Assad, qui a ouvert les travaux du colloque en présence du wali, Mme Labiba Ouinez, vingt-huit communications sont au programme du colloque intitulé « Le Royaume des Massaessyles : Syphax et la rencontre de Siga 206 av. J.-C. ». Les thèmes qui le constituent, a-t-il précisé, sont « Introduction au royaume des Massaessyles », « La diplomatie et les alliances », « Autour de la conférence de Siga », « Sources matérielles et littéraires autour du royaume massaessyle », « Le patrimoine matériel et immatériel comme source de la connaissance de l’histoire », et « Approche archéologique ». Lors de l’allocution d’ouverture, le Secrétaire général du HCA a insisté sur l’importance du colloque qui fait suite à ceux déjà organisés pour faire connaître l’histoire de l’Algérie à l’exemple du Colloque international sur Massinissa à Constantine et le Colloque sur Jugurtha à Annaba : des rencontres scientifiques et culturelles sur les racines immémoriales de l’Algérie et sa profondeur numide et amazighe. Pour le rendez-vous d’Aïn Témouchent, les spécialistes venus de plusieurs pays du Maghreb, d’Europe et des Etats-Unis, il s’agit de braquer la lumière sur la figure incontournable de Syphax, roi berbère, fondateur du premier royaume qu’a connu l’Afrique du Nord.
« A nous d’écrire et d’assumer notre histoire millénaire et de montrer aux nouvelles générations mais aussi au monde notre contribution à la civilisation humaine, à l’instar des Pharaons, des Grecs et des Romains… Ecrire notre histoire, c’est l’assumer et la mettre à l’abri des surenchères et des faussaires surtout … », dira à ce propos Si El Hachemi Assad lors de la cérémonie d’ouverture, qui avait un caractère de fête et a tordu le cou au protocole par la présence du public venu assister au début des travaux qui se déroulent dans un bâtiment du siège de la wilaya.
Le Secrétaire général du HCA s’est félicité, au passage, de la prolongation de la durée du colloque d’une journée supplémentaire, « donnant l’opportunité d’une plus large participation à la nouvelle génération de doctorants issus des universités du pays » et s’intéressant au champ des études historiques relatives à l’Algérie antique notamment. Ainsi, 16 exposés seront proposés par les jeunes universitaires sous forme de tables-rondes, a-t-il indiqué, tout en signalant la participation d’un  représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). En gros, le colloque d’Aïn Témouchent sera l’occasion, grâce aux regards croisés d’historiens et d’archéologues nationaux et étrangers, de jeter un œil neuf sur le royaume des Massaessyles et mettre en lumière le rôle joué par Syphax lors de « la rencontre de Siga » en l’an 206 av. J.-C. Par « rencontre », des chercheurs spécialistes de l’Algérie antique entendent également « congrès », qui a marqué, selon eux, la naissance de la diplomatie algérienne. Pour rappel, Syphax, que a le mérite d’avoir unifié les deux Numidies, occidentale et orientale, l’an 205 av.  J.-C., avait joué un rôle de médiateur entre les Romains et les  Carthaginois en organisant le congrès de Siga dans le but d’éviter l’extension de la guerre d’Espagne vers l’Afrique du Nord. Nous y
reviendrons.