La commune d’Aït Toudert appartenant à la daïra des Ath Ouacifs (à une quarantaine de kilomètres au sud-est du chef-lieu de Tizi-Ouzou) a abrité, le week-end dernier, la 2e édition du « Séminaire national sur la nutrition et la santé publique » dont l’objectif est de sensibiliser les citoyens sur les effets néfastes du nouveau régime alimentaire proposé au niveau des restaurants et des fastfoods et surtout d’éviter les menus riches en gras et les fritures qui sont à l’origine des maladies du siècle, notamment l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète et le cholestérol.

Organisé par l’Association scientifique Iger N Tussna du village Iguer Adloune, en collaboration avec le laboratoire Qualité et Sécurité des aliments de l’université Mouloud-Mammeri, ce séminaire a eu lieu au niveau de l’établissement Aït Talerb « le palier du bonheur» du village de Aït Toudert et a vu la participation des dizaines de spécialistes en médecine générale, spécialistes et des professeurs qui sont venus d’une dizaine de wilayas du pays pour prendre part à cette manifestation scientifique. Après avoir déclaré l’ouverture des activités de ce séminaire, plusieurs thèmes ont été abordés par les professionnels de la santé publique. On cite l’état des lieux de la nutrition infantile en Algérie et les dangers liés à l’alimentation humaine. A ce sujet, le Dr Mezani Hocine a mis l’accent dans son allocution sur la nécessité du changement du régime alimentaire « moderne » et le retour au régime de nos ancêtres riches en vitamines et en protéines afin de préserver la santé publique dans notre pays. D’après lui, ce changement alimentaire est l’une des causes principales de l’apparition de maladies chroniques ou bien celles qu’on appelle communément les maladies du siècle, en l’occurrence le cancer, le diabète, l’hypertension artérielle…
«Il est temps que les parents imposent à leurs enfants de manger cinq légumes par jour. Je dirais que l’alimentation grasse provoque plusieurs maladies notamment l’obésité qui est devenue un fléau qui porte préjudice à la santé publique de nos adolescents en Algérie », a-t-il mis en garde.
A cet effet, il a appelé les citoyens à changer leurs menus alimentaires riches en gras.
Par ailleurs, les professionnels de la santé ont insisté à l’unanimité sur la bonne nutrition et la pratique du sport pour la préservation de la santé. « Il faut que l’être humain marche au moins une heure par jour pour son bien-être». A souligner qu’une exposition des produits de santé a été organisée pour cette même occasion.

Débat sur les bienfaits du lait maternel

Pour ce qui est du programme de la deuxième journée de ce séminaire, une table ronde a été organisée durant laquelle les spécialistes ont abordé les bienfaits de l’allaitement maternel pour l’enfant. Tout en appelant les jeunes mamans à allaiter leur bébé au moins six mois pour le protéger de plusieurs maladies, notamment le cancer, les infections respiratoires et les otites. En plus de l’importance de l’allaitement sur le comportement psychoaffectif du nourrisson avec sa maman, les études épidémiologiques mettent en évidence que l’allaitement est aussi bénéfique pour la maman puisqu’une durée d’allaitement de 12 mois (dans la vie) réduit 30% du risque de cancer du sein et 25% du risque d’un cancer des ovaires. Dans le même ordre d’idée, les médecins ont révélé que l’allaitement maternel a connu une régression ces dernières années en Algérie. Ce qui induit un préjudice pour la santé des enfants, des mamans et des dépenses supplémentaires pour les ménages. D’après les intervenants, le biberon ne peut en aucun cas remplacer le lait maternel. « Si de nos jours le biberon semble plus pratique, le lait maternel est spécialement adapté pour répondre aux besoins du bébé dès sa naissance.
Il a aussi des bienfaits sur la maman, a-t-on indiqué. «L’allaitement est un moment d’échange privilégié entre la mère et son enfant qui renforce les liens affectifs ». A la fin de ce séminaire, une visite touristique a été organisée au niveau du village Ath-Lkaïd, situé à 50 km à l’extrême sud de la wilaya de Tizi Ouzou. Ce village, pour rappel, est classé comme patrimoine national depuis 2006 pour son habitat traditionnel typiquement kabyle. Niché au pied de Djurdjura (la plus longue chaîne montagneuse de Kabylie), le village procure une vue pittoresque dominant les plaines des Ouadhias et d’Agouni Gueghrane et un paysage majestueux.