Les efforts consentis par l’Algérie pour le rétablissement de la paix au Mali ont été salués, hier, par le président malien Ibrahim Boubacar Keita, qui a mis en évidence le rôle de notre pays dans cette optique, notamment à travers la domiciliation des pourparlers inter-maliens dans le cadre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, signé en mai et en juin 2015 par toutes les parties maliennes à Bamako, après avoir été conclu à Alger suite à cinq rounds de dialogue, engagés en juillet 2014 sous la conduite d’une médiation internationale, dont l’Algérie était le chef de file.

« Il me semble indispensable de souligner une fois de plus l´importance que revêt pour le Mali la mise en œuvre de l´accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d´Alger », a déclaré M. Keïta dans un discours prononcé à l´occasion de son investiture pour un second mandat au niveau de l´avenue du Mali, où se sont déroulées également les festivités du 22 septembre commémoratives du 58e anniversaire de l’indépendance du Mali.
« Encore une fois, je tiens à saluer nos frères algériens et le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour la domiciliation des pourparlers dans des conditions de convivialité et d´amitié réelles où jamais nous n´avons senti le moindre mépris ni la moindre déconsidération. Merci l´Algérie », a indiqué M. Keïta devant plusieurs chefs d´Etat et de gouvernement, dont le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, représentant le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, venus assister à la cérémonie d´investiture.
IBK ne s’est pas toutefois contenté, hier, de louer les efforts de l’Algérie pour l’Accord pour la paix et la réconciliation, mais a tenu à réitérer son engagement lorsqu’il avait prêté serment, début septembre, après sa réélection pour un second quinquennat, de faire de la sécurisation du Mali une « priorité absolue » dont le socle serait cet accord et dont « la mise en œuvre sera poursuivie avec rigueur et célérité, avec comme seul souci la promotion du développement global du pays », a-t-il promis.
Des promesses qui interviennent quelques jours après la tenue, mardi et mercredi dernier, à Bamako de la 27e session du comité de suivi de l’accord de paix et de réconciliation (CSA) au Mali (gouvernement, groupes armés du Nord et observateurs) qui a vu les signataires de l’Accord aboutir à l’initiative d’entreprendre une « nouvelle dynamique plus productive » dans sa mise en œuvre. Une démarche qui consiste « à hiérarchiser les actions et à s’attaquer à celles qui sont prioritaires pour atteindre un point de non-retour », a expliqué le ministre malien de la Réconciliation et de la Cohésion sociale, Lassine Bouaré, précisant que « les actions prioritaires sont relatives aux questions institutionnelles, de défense et de sécurité, à l’appropriation de l’accord par tout le monde, toutes les couches de la société sans exception afin de favoriser une mise en œuvre participative ». En attendant, les contretemps sont accumulés par la concrétisation de l’accord sur le terrain, et les violences continuent à se propager du nord vers le centre du Mali et vers le Burkina Faso et le Niger voisins, faisant monter leurs limites aux solutions sécuritaires, y compris la Force conjointe du G5 Sahel. Du coup, la mise en œuvre de l’Accord d’Alger demeure le seul instrument en mesure de rétablir la sécurité au Mali et dans la région du Sahel », comme l’avaient déjà relevé les Etats-Unis, les Nations unies et l’Union Africaine, en mai dernier, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la paix en Afrique. Affirmant que  « l’Accord d’Alger reste le meilleur instrument à notre disposition pour commencer à faire face à la situation au Nord du Mali », les Etats-Unis avaient alors souligné l´impératif de « ne pas perdre de vue le processus de paix au Mali en s’attaquant aux causes profondes du conflit ». Dans un message publié vendredi par le département d’Etat à l’occasion du 58e anniversaire de l’indépendance du Mali, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a réitéré l’appel de son pays à mettre en œuvre l’accord. « Les Etats-Unis se sont engagés à travailler avec le Mali pour parvenir à la paix et la prospérité de tous les Maliens. A cette fin, nous attendons avec intérêt la pleine mise en œuvre de l’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation au Mali », a déclaré le chef de la diplomatie américaine.