Dans son offensive guerrière contre toute la planète, Donald Trump n’avait pas omis, la fin du printemps dernier, de s’en prendre à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole en l’accusant d’œuvrer à faire monter les prix du Brut à travers le programme de réduction de la production mis en place par l’organisation avec ses partenaires non-membres.

Mais le président américain ne s’est pas contenté d’accuser, comme il ne cesse de le faire sans répit depuis qu’il investit la Maison-Blanche, mais a poussé sa réaction plus loin en convaincant les grosses pointures impliquées dans l’accord de réduction, à savoir l’Arabie saoudite et la Russie, à agir au profit d’un relèvement de la production de sorte à palier le recul de l’offre iranienne que devait provoquer le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien. L’appel de Trump ayant été entendu, les deux pays ont réussi à convaincre leurs partenaires à augmenter la production, donnant l’occasion au président de la première puissance mondiale de réussir d’une pierre deux coups : rompre l’accord avec «l’ennemi» iranien et pousser ce dernier à se sentir également mis à l’écart par une organisation où l’Iran est habitué à jouer un rôle vital de par son poids de membre fondateur et aussi de troisième producteur mondial d’or noir. Le sentiment de mise à l’écart qui s’est emparé des responsables iraniens semble s’accentuer ces derniers jours, à l’approche de la réunion du Comité ministériel conjoint de suivi des pays de l’Organisation de l’Opep qui se tient la semaine prochaine à Alger. En témoigne la déclaration faite lundi par le représentant de l’Iran à l’Organisation qu’il a accusée de se transformer en outil pour les Etats-Unis, perdant ainsi sa crédibilité.

Mais le secrétaire général de l’Opep n’a pas tardé à réagir à la sortie du responsable iranien en usant d’un discours rassurant à l’égard de l’Iran qu’il considère, à juste titre, comme membre « très important » du cartel et avec qui l’Opep continuera à travailler. Reste à savoir de quelle manière continuera à travailler l’organisation à partir du 4 novembre, date de l’entrée en vigueur des sanctions américaines.