Dans un geste d’apaisement, à quelques jours de sa réunion à Alger, l’Opep apporte son soutien à l’Iran et se montre sensible aux préoccupations de Téhéran. Elle l’a fait par la voix de son secrétaire général, Mohammed Barkindo. Ce dernier a eu des mots très justes au sujet de l’Iran.

« L’Iran reste un membre très important de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Et nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à travailler avec tous les membres. Téhéran reste un exportateur de pétrole très important, a-t-il dit en marge du Forum de l’énergie à Foujeirah, aux Emirats arabes unis. Barkindo n’a cependant pas précisé comment les producteurs mondiaux de brut allaient compenser la baisse des exportations iraniennes avec l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions américaines, le
4 novembre prochain. Membre fondateur de l’Opep, l’Iran est confronté à une série de sanctions américaines faisant suite à la décision de Washington de se retirer de l’accord de 2015 sur le nucléaire, qui a suscité l’inquiétude sur l’offre de brut sur les marchés mondiaux.
Samedi dernier, le représentant de l’Iran à l’Opep, Hossein Kazem pour Ardebili, a jeté un pavé dans la mare en déclarant qu’il ne restait « plus beaucoup de crédibilité » à l’organisation pétrolière, accusant l’Arabie saoudite et les Emirats d’en faire un outil au service des Etats-Unis.
Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIE), la production pétrolière iranienne a atteint ses niveaux les plus bas depuis juillet 2016, de grands clients comme l’Inde ou la Chine prenant leurs distances avec Téhéran. Le président américain Donald Trump a exigé à plusieurs reprises que l’Opep et son allié saoudien augmentent la production de pétrole et a menacé de sanctions les pays continuant d’importer du brut en provenance d’Iran, pays ennemi des Etats-Unis. L’Opep et ses partenaires qui n’en sont pas membres, dont la Russie, s’étaient mis d’accord fin juin dernier pour augmenter leur production, après un précédent accord fin 2016 pour limiter leur offre afin d’assurer une remontée des prix, une inflexion vigoureusement critiquée par l’Iran.
D’après Barkindo, les 14 membres de l’Opep et les 11 producteurs non membres de l’organisation, dont la Russie, doivent se retrouver en décembre et entériner la hausse de la production par un accord permanent. Il a été par ailleurs question que le comité ministériel conjoint de suivi de l’accord de réduction de la production pétrolière des pays de l’Opep et non Opep (JMMC) se réunisse avant la conférence d’Alger en vue de voir comment répartir l’augmentation de la production pétrolière d’un million de barils par jour décidée en juin dernier à Vienne. Les discussions devaient porter sur divers mécanismes devant permettre d’atteindre le niveau de production requis, niveaux global de conformité de 100%. Pour le moment, rien ne se passe, mis à part quelques déclarations du côté de l’Iran, un pays qui monte au créneau pour protéger ses intérêts. n