Près d’un mois après avoir tiré la sonnette d’alarme quant à la rupture de stock de  150 produits pharmaceutiques, le Syndicat national autonome des pharmaciens d’officine (Snapo) a indiqué, hier, que la situation est « stationnaire » dans l’attente que les mesures décidées par la tutelle soient appliquées dans les plus brefs délais.

En effet, face à cette pénurie de médicaments qui persiste déjà depuis quelques mois, le comité de veille, constitué par le Snapo, l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (Unop), l’Association nationale des exportateurs de médicaments (Anem) ainsi que le ministre de la Santé, a tenu jusque-là trois réunions qui ont permis d’autopsier cette crise, définir ses causes et proposer des solutions d’urgences.
« La cellule de veille est en train de travailler pour définir de manière exacte les produits pharmaceutiques en rupture. Quant au ministère de la Santé, il est actuellement en train de signer des avenants.
Il s’agit d’un programme d’importations complémentaire aux exportations de 2018, accordé lorsque les quantités importées sont épuisées », a fait savoir Messaoud Belambri, président du Snapo. Saluant les efforts consentis par l’ensemble des acteurs du secteur du médicament pour contrer cette crise, le syndicaliste s’est dit «très satisfait» du rythme auquel se font les choses, surtout que nous sommes à la veille de la signature du programme d’importation dans le cadre de l’année 2019. Il y a un réel échange entre les gens du terrain pour assurer un suivi très pointu dans le secteur. Les quantités de médicaments importées ont été insuffisantes et c’est à nous de définir les quantités avec exactitude pour le bien de la santé publique.
Les pénuries de médicaments ne sont pas un phénomène propre à l’Algérie, cela existe partout dans le monde, seulement il faut réfléchir à la bonne manière de l’éviter et assurer la disponibilité des médicaments aux malades », a-t-il fait savoir. S’agissant des causes ayant conduit à une telle crise, notre interlocuteur a indiqué qu’elles étaient multiples.
«En plus du déséquilibre entre l’offre et la demande, les quantités importées n’ont pas été suffisantes.
Aussi, il y a certains produits qui devaient être fabriqués localement mais finalement il y a eu un problème au niveau de la chaîne de production qui n’a pas assuré les bonnes quantités, les prévisions n’ont pas été correctes», a affirmé Belambri. Par ailleurs, notre interlocuteur a salué le lancement du projet de la nouvelle usine destinée à la fabrication de traitement anti-cancéreux en appelant les autorités à accélérer la cadence pour la concrétisation de près de 80 projets d’usines pharmaceutiques. «Les personnes atteintes de cancer en Algérie souffrent terriblement du manque de médicaments et des ruptures de stock fréquentes. Fabriquer ces traitements au niveau local ne peut qu’être que bénéfique, surtout si leur coût est réduit, car fabriquer localement ne veut pas forcément dire que le médicament coûtera moins cher, il y a certains intrants qui sont hors de prix », a fait savoir Messaoud Belambri. <