L’inquiétude de ne pouvoir assurer les dépenses des enfants a été accentuée par celle des doutes sanitaires, sur fond de choléra, même si aucun cas n’a été signalé à Constantine. C’est en gros ce qui caractérise la rentrée des classes de cette année.

L’état des sanitaires dans les différentes écoles, en effet, a toujours été une source d’inquiétude pour les parents. Le manque de formation du personnel affecté à l’éducation et leur paie minable, à peine 300 dinars, ne renforcent pas la confiance des parents quand il s’agit des toilettes ou des cantines. Malgré cela, le wali a annoncé le recrutement de 1 285 personnes pour les besoins des établissements scolaires en matière d’hygiène, de surveillance et restauration, 970 postes à la charge du ministère de l’Intérieur et 315 postes d’insertion par le ministère de la Solidarité. C’est donc dans ce climat tendu que Constantine s’est parée pour la rentrée scolaire de ses têtes brunes.
Le wali annoncera aussi de nouvelles infrastructures au niveau des nouvelles villes Ali-Mendjeli et Massinissa. Ce sont donc 10 nouvelles écoles qui ont été livrées et deux autres transformées en collèges. A cela, il faut rajouter 3 nouveaux lycées à Constantine au quartier Chaâbat Erssas, à Hamma Bouziane et à Bekira, qui auront 1 000 places pédagogiques à pourvoir, ainsi que 200 à 300 demi-pensions. Il faut aussi signaler des extensions qui ont abouti à 18 nouvelles classes supplémentaires dans le palier primaire.
Quelque 27 000 cartables scolaires pour les élèves nécessiteux ont été distribués, en plus de 55 000 primes scolaires. Il reste la cantine, un des points noirs des années passées, puisque, en plus d’une certaine insalubrité déclarée, plusieurs écoles ne distribuent généralement que des repas froids consommés sur le pouce par manque de locaux de restauration. Toujours dans le domaine sanitaire, il faut souligner aussi que les écoliers et les collégiens, du moins une majorité, n’ont pas été vaccinés, et le risque sanitaire de fait est toujours présent. La vague de suspicion qui avait accompagné la campagne de vaccination de 2015 ne s’étant à aucun moment estompée, plusieurs médecins nous ont déclaré le retour de plusieurs maladies « oubliées », comme la tuberculose, la diphtérie, la rougeole, et peut-être, si rien n’est fait, la poliomyélite. n