La rencontre qui a eu lieu jeudi dernier entre le Cnes, aile Abdelhafid Milat, avec le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, a fait réagir l’aile adverse, représentée par Abdelmalek Azzi.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le syndicaliste Azzi s’est fendu d’une critique virulente contre son adversaire, l’accusant d’avoir engagé le Syndicat des enseignants du supérieur dans des logiques politiciennes douteuses et d’avoir attenté à la liberté que n’importe quel syndicat universitaire devrait avoir vis-à-vis des cercles et des formations politiques. «Nous pensons à la politique, mais nous ne faisons pas de politique», a écrit le syndicaliste universitaire, en traitant Abdelhafid Milat en termes peu amènes. S’adressant à celui qui «n’a pas de face», M. Azzi s’en prend également au FLN, qu’il soupçonne d’instrumentaliser les luttes au sein du Cnes. Il dit s’étonner que le parti se soit engagé dans une telle démarche, sachant que c’est son aile qui a, selon lui, la légitimité de porter les couleurs du syndicat, un statut reconnu par la justice et le tribunal de Bir Mourad Raïs en avril 2018, a-t-il rappelé.

Pour Abdelmalek Azzi, Abdelhafid Milat fait de la politique et cherche à se positionner dans un «contexte particulier» à la veille de la précampagne pour la présidentielle de 2019. S’il n’annonce pas d’initiatives particulières, il rappelle que les initiatives de son rival ne concernent que lui et n’engage pas le syndicat, pour qui la neutralité vis-à-vis des courants politiques du pays est une vertu qu’il ne trahira pas. «Nous dénonçons cette rencontre parce qu’on sait que ces gens cherchent à monnayer le Cnes auprès de groupes politiques, mais ces gens ne représentent qu’eux-mêmes. Notre syndicat ne dépend ni d’Ould Abbès ni d’autres», a-t-il déclaré, hier, à Reporters. Et de rappeler la décision de justice d’avril dernier qui stipule que Abdelhamid Milat «n’a pas la qualité de coordinateur national» du Cnes. «La justice a tranché cette affaire en notre faveur, mais on ne sait pas encore s’il y a eu appel ou pas», a ajouté M. Azzi.

«On va continuer notre activité syndicale tant qu’il n’y a pas de décision de justice contre nous», a-t-il poursuivi. «On a tenu notre congrès national des anciens membres du Cnes avec 32 sections.

On a réuni toutes les conditions pour ce rendez-vous organique. M. Milat, lui, a fait son congrès avec 5 sections qui ont quitté le Cnes. Il s’agit d’imposteurs et ils ne représentent rien. On ne sait pas d’où ils viennent. C’est un groupe de copains qui ont profité de la crise du Cnes, en 2006, pour chercher à en faire un fonds de commerce. On voulait apporter un changement contre l’ancienne direction et on nous a envoyés ces gens pour nous en empêcher, mais nous allons continuer notre travail syndical avec le peu de moyens que nous avons. On attend les opportunités, peut-être les choses vont changer, les enseignants seront plus mobilisés», a conclu M. Azzi.

Pour rappel, l’aile du Cnes représentée par Abdelhafid Milat a déposé plainte récemment contre l’aile Abdelmalek Azzi, plainte rejetée par la justice.

Son chef de file, M. Milat, a été reçu jeudi dernier par le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, dans le cadre d’une «série de rencontres» entre ses partisans et des groupes politiques et parlementaires. La réaction de Abdelmalek Azzi, hier, a été plus virulente que celle de Mohamed Rezig, coordinateur de son aile à la faculté Alger 3. M. Rezig a considéré la rencontre Milat-Ould Abbès de «non-événement».n