Reporters : Pourquoi le Cnes est-il dans cette situation ?

Abdelmalek Azzi : Il faut le demander à ceux qui, en dépit des décisions de justice, cherchent à usurper l’identité de militants du syndicat. Depuis 2006, le Cnes est confronté à des problèmes et à des divisions dont le résultat a été de pousser de nombreux cadres et militants à le déserter. Ainsi de nombreuses et importantes sections, comme celle de Bab-Ezzouar, l’ont quitté. Notre quête est de redonner au syndicat sa crédibilité même si certains cherchent à saper ce travail par tous les moyens.

Que comptez-vous faire par rapport aux actions de l’aile Milat ?

Nous avons le droit et la légitimité pour nous. Nous agirons en fonction de ces critères et de notre conviction à redonner au syndicat sa vocation originelle. Ce n’est pas facile dans le contexte actuel, mais nous ne baisserons pas les bras.

Quelle évaluation faites-vous de la situation de l’université aujourd’hui ?

Elle est la même que celle que n’importe quel universitaire honnête peut faire. Cette situation est catastrophique et nous éloigne de l’ambition de faire de l’université un pôle d’excellence au service du développement et de l’épanouissement du pays. On ne fait rien de tangible pour améliorer les choses parce que les responsables s’intéressent uniquement à la façon de gérer les flux.

Ce n’est pas cela une politique d’enseignement supérieur ni une manière de sortir l’université du marasme dans lequel elle se trouve et qui vient en partie de la qualité de l’enseignement en général. Le taux d’échec important pour les premières années, pour l’année pédagogique 2017-2018, nous donne une idée sur le niveau avec lequel arrivent à l’université les nouveaux bacheliers.

Au fur et à mesure que les années passent, le niveau devient de plus en plus bas. On a des étudiants incapables de formuler une réflexion par écrit ou oralement.