Les problèmes récurrents des approvisionnements en médicaments et l’indisponibilité de certains produits thérapeutiques tendent à devenir de véritables dangers pour la santé publique. Il n’est pas rare de se voir rétorquer par le pharmacien que tel produit est en rupture voire introuvable, alors que le médecin vient de le prescrire sur l’ordonnance.

Une situation ubuesque devenue le quotidien de beaucoup de citoyens sans que cela n’interpelle ceux qui ont pour fonction de veiller à la disponibilité et la régulation de ce type de produit de santé. A voir le coût des importations des médicaments, souvent présenté par les autorités compétentes pour tirer la sonnette d’alarme, l’on se demande comment des situations de rareté, voire de pénuries sont possibles. Comment dans un pays comme l’Algérie, le malade se retrouve souvent livré à lui-même passant des journées entières à courir d’une officine à une autre à la recherche du fameux médicament prescrit sur son ordonnance ? Cette situation de souffrance banalisée est irrémédiablement le fait d’un dysfonctionnement du processus. D’un organisme qui ne fait pas son travail convenablement, ou ne le fait pas du tout. Une incongruité payée cher par le malade et sa famille. Les malades chroniques sont souvent contraints d’user du système D et ramener leurs médicaments de l’étranger faute de pouvoir les trouver chez le pharmacien du coin. Une véritable mise en danger de la santé des citoyens dont les responsables doivent rendre des comptes. Aujourd’hui que beaucoup de médicaments sont produits en Algérie, par des laboratoires locaux, cette situation est pour le moins incompréhensible. La Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (Cnas), qui a décidé de mener une campagne contre « l’usage abusif » de la carte Chifa, parle de millions de dinars de perte. Dans un pays où la pénurie en médicaments tend à devenir un sérieux problème, aux conséquences pouvant être tragiques, cette campagne gagnerait d’abord à s’attaquer à cette grave déficience.