Rien ne va plus entre les syndicalistes des unités Naftal de Tizi Ouzou et le secrétaire général de l’union de wilaya UGTA. Des accusations graves sont proférées à l’encontre de ce dernier, à qui il est reproché son autoritarisme, et ses dérives anti démocratiques. 

Il est même accusé d’être derrière le blocage de certaines entreprises et de leur fermeture. «Nous dénonçons les agissements du secrétaire général de wilaya tendant à la déstabilisation de nos entreprises, en y créant un climat malsain et en procédant à des manœuvres pour éliminer tout syndicaliste élu démocratiquement pour désigner des éléments non représentatifs, sans se soucier des intérêts des travailleurs», ont écrit, dans une déclaration rendue publique la veille, ces syndicalistes qui ont tenu, dans la matinée d’hier, un rassemblement à l’extérieur de la maison de la culture Mouloud Mammeri, où s’est tenue la conférence des cadres syndicaux UGTA de la wilaya de Tizi Ouzou. Rencontre qui doit, nous dit-on, faire le point sur l’action syndicale et la mobilisation des travailleurs au niveau de cette wilaya et que rejettent les protestataires qui n’ont pas été avares de critiques à l’égard de Bachir Ramadani qu’ils veulent déboulonner du poste de SG de l’union de wilaya qu’il occupe depuis plus de vingt ans. Celui-ci, «use de procédés illégaux pour entraver l’activité des sections syndicales afin de créer des mouvements de contestation à des fins inavouées (…)

 Par ses agissements, il a fomenté des crises au sein de nos entreprises causant la fermeture de certaines et des perturbations et ralentissement de l’activité au sein d’autres», écrivent les protestataires qui interpellent les pouvoirs publics et le secrétaire général de la centrale syndicale UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, dont ils demandent l’intervention afin de «mettre fin aux agissements de cet individu qui veut porter atteinte à la stabilité de la centrale syndicale». Les détracteurs du SG de l’union de wilaya disent ouvertement qu’il est partie prenante du mouvement de redressement mené par le sénateur et ex-membre du secrétariat national de l’UGTA, Tayeb Hamarnia, àl’encontre de Sidi Saïd.

Toutes ces accusations sont rejetées part Bachir Ramadani, qui conteste l’existence d’un conflit entre lui et les travailleurs de Naftal. «Je n’ai aucun problème avec ces travailleurs. Le seul problème qui se pose est d’ordre disciplinaire. Des mesures conservatoires ont été prononcées à l’encontre du SG de la section syndicale de Thala Athmane. Suite à la plainte de ces travailleurs auprès de Sidi Saïd, celui m’a demandé des explications et je lui ai répondu. Les correspondances existent et je peux les mettre à la disposition des journalistes. Je suis démocratiquement élu à la tête de cette organisation et je dois veiller à la discipline et à son bon fonctionnement conformément aux statuts et règlement intérieur.

Je n’ai aucun reproche à me faire, je n’ai jamais été un instigateur de troubles au sein des entreprises que j’ai toujours défendues», expliquera le premier responsable de wilaya de l’UGTA, qui nie de faire partie du mouvement de redressement visant le patron de l’UGTA. Il mettra en avant la longue amitié qui le lie avec, Abdelmadjid Sidi Saïd qu’il a, d’ailleurs remplacé à la tête de l’union de la wilaya de Tizi Ouzou après son élection au poste de secrétaire général de la centrale, au milieu des années 1990. «Il est impensable que je participe à une action malveillante à l’encontre de quelqu’un qui est de l’union de wilaya de Tizi Ouzou et dont l’amitié qui nous lie est connue de tout le monde», se défend Ramdani Bachir, qui accuse ces travailleurs contestataires de faire l’objet d’une «manipulation venue d’en haut», soupçonnant «une connivence» entre les syndicalistes de la Fédération du secteur des hydrocarbures et gaz, au niveau d’Alger, et ceux des unités de l’entreprise Naftal de Tizi Ouzou.