L’affaire du refoulement de la marchandise algérienne exportée continue de susciter les interrogations faute d’informations claires émanant des services concernés.

Le ministre du Commerce, Said Djellab, a réagi dimanche en indiquant que son département était en train de collecter les informations relatives à cette affaire. Avant de donner de plus amples informations et prendre éventuellement les mesures qui s’imposeraient.

Les causes réelles du refoulement de ces marchandises dans des ports étrangers pour cause de non-conformité avec les normes sanitaires requises restent toujours empreintes de flou. Le ministère a donc diligenté une enquête pour connaître tous les détails sur ces marchandises refoulées et les raisons de leur refoulement. À l’issue d’une audition par la Commission des finances et du budget à l’APN consacrée aux mesures contenues dans le projet de loi de finances de 2018, le ministre du Commerce a indiqué que son département était en train de collecter des éléments entourant cette affaire. « J’ai ordonné aux services du ministère du Commerce de collecter les informations nécessaires concernant l’exportateur et de définir les causes du refoulement de la marchandise », a-t-il précisé. Des informations avaient été relayées récemment par les medias au sujet du refoulement de marchandises algériennes exportées vers la Russie et le Canada, en l’occurrence des pommes de terre, de la tomate et des dattes. Le refoulement de certaines quantités de marchandises, explique le ministre, est une procédure ordinaire et peut se produire partout dans le monde. Mais, explique-t-il, « l’exportateur doit être au courant de toutes les procédures exigées dans le cadre d’une opération d’exportation y compris à propos des exigences du marché vers lequel il souhaiterait exporter sa marchandise », a expliqué le ministre. Une allusion claire aux normes exigées par certains produits et la quantité des intrants agricoles tolérée par les services sanitaires du pays importateur lors des analyses du produit fini.« Les produits refoulés n’étaient pas conformes aux normes »La stratégie nationale des exportations, en cours de préparation, prévoit plusieurs mesures d’accompagnement au profit des exportateurs notamment les règlementations en vigueur chez les potentiels clients de l’Algérie. Chose qui éviterait tout contretemps semblable. Le ministre qui a annoncé l’exportation dimanche d’une grande quantité de pommes de terre vers les Emirats arabes unis a souligné que la stratégie nationale des exportations, en cours de préparation, prévoit plusieurs solutions aux problèmes relatifs à l’accompagnement des exportateurs. Le refoulement de produits agricoles algériens surprend cependant certains experts. Dans un entretien au journal électronique TSA, l’expert économique Smail Lalmas croit y déceler un complot contre le produit algérien exportable de la part de parties concurrentes. L’accès aux marchés, notamment africains, a précisé Lalmas, devrait s’accompagner par des actions politiques et diplomatiques, ce qui permet d’avoir les mêmes facilitations que les autres concurrents. De son côté le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri, a affirmé que les produits refoulés n’étaient pas conformes aux normes et ne correspondaient nullement aux termes du contrat conclus entre les parties. Ali Bey Nasri a fait savoir que la quantité des produits agricoles algériens exportés durant les quatre derniers mois de l’année en cours a atteint les 20 millions de dollars. Un chiffre jugé « très bas », une baisse provoquée justement, selon le représentant des exportateurs par l’énorme quantité de produits renvoyés. «Il ne suffit pas de produire. Il faut également savoir produire et respecter les normes pour ne pas porter atteinte à la bonne réputation des produits algériens » a-t-il affirmé. Selon lui, l’Etat algérien ne fait pas suffisamment pour stimuler l’acte d’exporter. Les exportateurs doivent être encadrés et préparés pour ne pas se retrouver dans des situations de refoulement de leurs marchandises, avec tout ce que cela induit comme pertes financières et atteinte à l’image.