Les 15 membres du Bureau politique (BP) du Front de libération nationale (FLN), débarqués lors du remaniement du 30 mai dernier, multiplient les contacts au sein du parti. Après avoir sollicité les membres du Comité central (CC) en vue de déposer plainte contre le secrétaire général Djamel Ould Abbès

, ils se tournent présentement vers deux ténors de leur formation, Amar Saâdani, ancien secrétaire général du FLN, et Abdelkader Hadjar, ambassadeur d’Algérie en Tunisie. « Nous nous sommes déplacés tant chez Amar Saâdani que chez Abdelkader Hadjar pour les convaincre d’adhérer à notre mouvement de contestation contre Ould Abbès », confie un ex-membre du BP. « Nous avons débattu avec eux de la situation délétère dans laquelle se trouve notre parti et nous leur avons exposé notre démarche de recueil de signatures en vue d’introduire une action en justice contre Ould Abbès sur ses violations aux textes et statuts du parti ainsi qu’à son report perpétuel au CC pour éviter de rendre des comptes aux militants», note notre source. Les contestataires du BP, parmi lesquels Sadek Bouguetaya, Mohamed Alioui, Mustapha Boualeg, Yamina Meftali, Abdelkader Zehali, Hadjoudj Abdelkader et RachidAssas ont expliqué à Saadani et à Hadjar les fondements de leur démarche. « On leur a dit que l’article 42 du statut du FLN nous donne la possibilité d’entamer une action devant les tribunaux », ont-ils expliqué. En effet, l’article 42 du statut du parti stipule que : «la liste des membres du Bureau politique est validée par le Comité central sur proposition du secrétaire général du parti ». Aussi, et concernant le report continuel du comité central, les anciens du BP ont expliqué pouvoir s’appuyer sur l’article 9 du règlement intérieur du parti pour intenter une autre action en justice contre l’actuel patron du parti. L’article 9 stipule qu’« en cas de vacance du poste du secrétaire général, la direction est confiée au membre du comité central le plus âgé en attendant la convocation d’une réunion extraordinaire du comité central dans un délai ne dépassant pas les 30 jours et ce, pour élire le nouveau secrétaire général ». A la question de savoir quelle a été la réaction de Saâdani et de Hadjar à la sollicitation des contestataires du BP, notre source confie qu’« ils nous ont simplement écouté et ont pris acte de notre démarche ». « Ils n’ont ni accepté ni rejeté notre démarche », précise notre source. Il est utile de souligner que le choix de solliciter tant Saadani que Hadjar n’est pas fortuit. « Ce sont deux membres du CC très influents par les postes qu’ils ont occupés, mais surtout compte tenu de leur proximité avec la présidence de la République», explique notre source, qui note qu’à travers l’implication de ces deux poids lourds dans le mouvement de contestation, « on a beaucoup plus de chances de nous faire entendre ». Seulement ni Amar Saâdani ni Abdelkader Hadjar n’ont donné leur aval pour l’heure d’appuyer l’initiative des débarqués du BP. Le feront-ils ? <