La dernière semaine de Ramadhan, c’est le rush sur les magasins de vêtements. Les familles prennent en effet d’assaut les boutiques pour satisfaire leurs enfants le jour de l’Aïd. Cette incontournable tradition saigne les parents, déjà très éprouvés par les importantes dépenses du mois sacré. C’est ainsi que juste après le f’tour, les parents se ruent sur les magasins à la recherche de tenues appropriées pour leurs chérubins.

Mais cette tradition s’avère être un véritable casse-tête pour de nombreux parents en raison de la flambée des prix des vêtements pour enfants. Ils se voient obligés d’aller de magasin en magasin, dans l’espoir de tomber sur la bonne tenue, à bon prix. «Je suis découragée quand je vois les prix affichés», lance avec dépit Zahia, mère de 3 enfants, qui arpente la rue Hassiba-Ben Bouali à Alger depuis plus de deux heures. Selon elle, «il y a des différences de prix énormes pour des articles pratiquement identiques, d’où la nécessité pour moi de visiter plusieurs magasins pour ne pas me faire avoir». «Ce sont des commerçants, ils ne pensent qu’à leur gain et oublient qu’il y a des pauvres en Algérie», regrette-t-elle. Elle explique qu’«il y a parfois des différences de prix qui peuvent aller jusqu’à 3 000 DA». «Je ne peux pas me permettre d’acheter tous mes articles dans un même magasin. J’ai 3 enfants, ce n’est pas facile de les satisfaire tous avec un budget limité, c’est pour cela que je dois m’informer sur les prix que pratiquent plusieurs magasins avant de prendre ma décision», explique-t-elle. Pour illustrer son propos, elle ne manquera pas de nous montrer un ensemble «parfait pour ma fillette de 4 ans» qu’elle a «repéré à 1 000 DA de moins que dans le magasin d’à côté». «Cela me fait une économie de 1 000 DA que j’utiliserai pour acheter un t-shirt à mon fils de 12 ans». A la place Audin, l’achat des vêtements de l’Aïd est un exercice qui se révèle difficile pour nombre de parents, même si les magasins de prêt-à-porter et de chaussures sont bien achalandés. «Ce n’est pas évident de trouver des ensembles pour fillettes de 4 ans et de six ans à des prix raisonnables», fait remarquer Fatima, la quarantaine et mère de deux filles. «J’habite juste à côté, c’est plus pratique pour moi de faire mes achats à Audin», reconnaît- elle, avant de soutenir qu’«ici, une tenue pour enfant coûte entre 5 000 et 9 000 dinars sans pour autant compter le prix de la paire de chaussures». «C’est trop cher !», peste une quinquagénaire devant une vitrine de chaussures pour enfants. «J’ai 4 enfants à vêtir pour l’Aïd, pas un seul», lance-t-elle désemparée, avant de noter : «Rien que leurs tenues m’ont coûté plus de 20 000 dinars et il reste encore les paires de baskets à acheter.»

Belouizdad grouille  de monde après le ftour

En quête de nouveaux vêtements pour ses deux enfants, Fayçal 10 ans et Chakib 6 ans, Mohamed se perd à Belouizdad, à Alger. «Je ne sais pas où et quoi acheter», lance-t-il dépité. En effet, les rues et ruelles de Belouizdad grouillent de monde et il est difficile de se frayer un chemin. Les citoyens vont d’une boutique à l’autre à la recherche du pantalon, de la chemise ou de la robe qui fera plaisir à leurs enfants. Mohamed regrette de ne pas avoir ramené sa femme avec lui. «Je suis dépassé, j’aurais dû ramener mon épouse avec moi, c’est elle qui sait quoi acheter aux enfants. Moi, je n’ai pas la patience de choisir et de les voir essayer une tenue après une autre», reconnaît-il. «Je suis obligé de faire attention à mon portefeuille mais en même temps, je ne peux pas dire non aux enfants quand une tenue leur plaît», soutient-il, avant de préciser : «Ma femme sait mieux négocier avec les enfants.» A place des Martyrs, aux arcades, il y a plus de femmes que d’hommes. Saïd, accompagné de sa femme et de leurs 4 enfants se sent gêné : «Il n’y a pratiquement pas d’hommes ici à la place des arcades, je suis très gêné. J’aurais mieux fait d’aller acheter les vêtements de l’Aïd ailleurs», dit-il, avant de lancer : «J’ai été attiré par la clémence des prix. Ici à la place des Martyrs, on peut négocier les prix». Mais les parents astucieux ont acheté les vêtements de l’Aïd avant le Ramadhan. C’est le cas de Nouzha, une mère de 32 ans. «J’ai tout acheté une semaine avant Ramadhan. Les prix étaient abordables et il n’y avait pas beaucoup de monde dans les magasins», indique-t-elle avant de soutenir que «finalement, il ne faut jamais attendre la dernière minute pour acheter les vêtements de l’Aïd car les commerçants ont tendance à augmenter sensiblement les prix à la fin du Ramadhan». n