Les derniers chiffres relatifs aux salaires des joueurs algériens annoncés par la Ligue de football professionnel (LFP) dans le rapport de gestion rendu public expliquent parfaitement les causes de la mise en péril des clubs professionnels algériens.

Ainsi, ces chiffres, dévoilés à l’occasion de la dernière  assemblée générale ordinaire tenue lundi, indiquent, que 22 joueurs de la Ligue 1 algérienne touchent un salaire mensuel de plus de trois millions de dinars (300 millions de centimes). Ce qui représente 6% de l’ensemble des effectifs.
D’autre part, 14 joueurs de la Ligue 1 algérienne de football perçoivent un salaire mensuel de plus de 2 millions de dinars, alors que 83 autres touchent entre 1,2 et 1,9 million de dinars. Ces chiffres communiqués par la LFP montrent aussi qu’ils sont 59 joueurs à percevoir des salaires de 0 à 399 999 DA, 33 joueurs de 400 000 à 599 999 DA, 48 de 600 000 à 999 999 DA et 56 de 1 000 000 à 1 999 999 DA. Il faudra noter au passage, et selon les mêmes chiffres, que la catégorie des joueurs les mieux payés comptent un temps de jeu de l’ordre de 3,66%.
Les joueurs touchant de 800 000 à 999 999 DA sont les plus utilisés avec 23,57% comme temps de jeu.
En procédant à l’inventaire des salaires des joueurs des deux ligues professionnelles, il ressort que 99 joueurs de l’élite ont un salaire de moins de 100 millions par mois (29%), 79 (23%) entre 100 et 150 millions, 72 (21%) entre 150 et 200 millions, 43 (13%) entre 200 et 250, 29 (8%) entre 250 et 300 et enfin 22 joueurs (6%) plus de 300 millions de centimes. En Ligue 2,185 (79%) des joueurs touchent moins de 100 millions de centimes. Mais d’autres joueurs perçoivent des salaires plus élevés. Ainsi, ils sont 45 (19%) à toucher entre 100 et 150 millions, 3 (2%) entre 150 et 200 millions.

La régulation ou la banqueroute
Devant cet état de fait et ce «danger» mettant la vie des clubs en péril, la Fédération algérienne de football (FAF) avait tenté de régler ce problème en instituant le  plafonnement de salaires. Ainsi, elle a proposé de fixer de 800 000 à 1 200 000 DA le plus gros salaire à attribuer aux joueurs internationaux, en vain, le projet est mort-né. Et ce fut la même chose pour le projet de faire diminuer les effectifs des clubs des ligues 1 et 2 à 22 joueurs dans la perspective de faire baisser la masse salariale. En vain… Il y a deux ans, et plus précisément le 6 décembre 2016, la Ligue de football professionnel (LFP) et la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) ont signé un accord pour la mise en œuvre des dispositions du nouveau décret qui plafonne la déclaration des joueurs à un salaire maximum de 270 000 DA. De plus, la CNAS a annoncé qu’elle devrait procéder dans le futur à des accords club par club pour la régularisation des dus antérieurs et la normalisation des déclarations. Mais, point de résultat pratique pour le moment. Aujourd’hui, il n’y a qu’à lire les chiffres annoncés pour le recrutement de certains joueurs pour s’apercevoir que rien n’a changé et les clubs resteront toujours endettés, sans être inquiétés outre mesure par qui de droit !
S. B.