Le conflit opposant les médecins résidents au ministère de la Santé s’est invité, hier, au Conseil de la nation (Sénat) à l’occasion du débat sur la nouvelle loi sanitaire, récemment validée par l’Assemblée populaire nationale (APN). Il a fait l’objet de moult commentaires de la part des sénateurs, notamment ceux de la majorité et du tiers-présidentiel. S’ils sont politiquement convergents, leurs avis ne sont pas toujours semblables et sont empreints de nuances.

Pour le sénateur FLN Bachir Chebli, il y a urgence pour le département de M. Mokhtar Hasbellaoui de relancer le dialogue avec les médecins résidents et le Camra.
Ce parlementaire pense que toutes les questions doivent être débattues entre les deux parties «sauf celle du service civil». «Personnellement, je rejette toute idée de remise en cause du service civil.
Sa suppression n’est dans l’intérêt de personne et peut créer un désert médical dans plusieurs régions du pays.» «On demande de leur accorder des mesures incitatives pour qu’ils puissent exercer dans les meilleures conditions possibles». «Il s’agit de rendre disponible ce dont les résidents ont besoin pour travailler correctement, notamment dans le Sud et les zones isolées», ajoutera son collègue Boudjemaâ Zefane.
Le sénateur Ahmed Bouziane, du tiers présidentiel a, pour sa part, appelé les deux côtés à des négociations sérieuses pour sortir de la crise «qui dure depuis plus de six mois sans résultat». Selon lui, il n’est pas normal de demander aux résidents de travailler dans de mauvaises conditions et exiger d’eux qu’ils assument au mieux leur service. Il y a lieu de leur assurer le plateau technique dont ils ont besoin et il est évident qu’il n’est pas indiqué d’aborder aujourd’hui la question de la remise en question du service civil, cela équivaudra à résoudre un problème pour en créer un autre». Son collègue Abdelkader Boukhroufa estime que la grande victime du conflit ce «sont les malades qu’on n’entend pas et qui souffrent d’une défaillance de prise en charge. Il faut les écouter et les comprendre sous peine de voir s’effondrer la médecine publique dans notre pays».
La sénatrice du tiers présidentiel, Zahra Guerrab, s’est dite «étonnée» par l’attitude du gouvernement «face à la gravité du conflit» qui requiert, selon elle, «l’intervention de tous les ministères» susceptibles d’apporter leur contribution à son règlement. «Je ne veux pas que ces jeunes médecins formés par l’Algérie, en Algérie, partent travailler à l’étranger». Elle s’est indignée de la situation des citoyens qui payent la facture de ce conflit : «Ce sont les pauvres qui souffrent, les riches, eux, partent à l’étranger pour se soigner. J’espère que le gouvernement donnera enfin une réponse claire à ce problème.» Pour des membres de la commission de la Santé, des Affaires sociales, du Travail et la Solidarité nationale, présidée par Louiza Chachoua, il faut discuter de tout sauf du service civil qui, selon eux, «n’est pas un échec». Dans leur rapport, les membres de la commission ont assuré que ce service civil «est l’un des moyens utilisés pour combattre l’inégalité dans l’accès aux soins ».
Pour eux, avec la nouvelle loi de santé, le service civil va garder sa force pour offrir ses services aux citoyens du Sud et des Hauts-Plateaux. <