Les résidents sont-ils revenus à de meilleurs sentiments ? Seraient-ils prêts à reprendre le chemin des hôpitaux ? En lisant le dernier communiqué du Camra, on serait tenté de répondre par l’affirmative, tant, qu’entre les lignes, on devine un essoufflement du mouvement et une envie de reprendre langue avec la tutelle

, sans poser au préalable les conditions, à chaque fois revues à la hausse par le passé. De notre côté, nous avons repris le chemin et langue, et avec l’administration et avec  les résidents du CHU. Si pour les gérants de l’hôpital Ben-Badis, le sourire est gros comme ça, et qu’il ne manque que le « on a gagné ! » des footballeurs, c’est la triste mine qui caractérise les résidents. Du moins ceux qui ont voulu nous parler et commenter la nouvelle donne. « Il ne fait aucun doute que le mouvement s’est essoufflé. Et comment ne le serait-il pas quand on sait que les résidents font de la surenchère depuis le mois de novembre. Chaque fois que l’on approchait d’un dénouement, le Camra nous sortait de nouvelles revendications irréalistes. En ayant recours aux généralistes et en «forçant» les assistants à mettre la main à la pâte, le ministère de la Santé à sabordé le mouvement de grève. » Propos révélateurs de l’un des adjoints du Directeur général du CHU sur le virage à presque 180 degrés pris par le Camra. Côté résidents, les « officiels » ont baissé pavillon et ne décrochent plus leur téléphone, et même ceux qui se sont exprimés ne sont plus sûrs de « la victoire » autopromise. En tout cas, quelque 70 résidents ont déjà repris leur boulot au niveau des services vitaux, comme les urgences, le Samu, ou les brûlés, après avoir signé un contrat avec l’administration de l’hôpital Ben-Badis, un contrat dont nous ignorons la teneur. A ceux-là, il faut ajouter une centaine qui n’a pas adhéré longtemps au mouvement de grève. Il faut aussi savoir que les dentistes ont tous repris leurs bavettes et leurs fraises. « A 100% », nous affirmera un résident, confirmé par les statistiques de l’administration. Même chose chez les pharmaciens qui ne font plus partie des frondeurs, à 100% aussi. Il reste que tout cela ne saurait influer sur le mouvement de grève s’il venait à être repris de plus belle, sachant que le total des résidents du CHU Ben-Badis frôle les 1 300. Néanmoins, lassitude, réalisme et manque de f’louss ont peut-être été derrière « l’essoufflement » programmé. L’entrée en jeu des médecins généralistes, celui des assistants et maîtres-assistants, le « lâchage » des pharmaciens et des dentistes, et surtout le silence d’El Mouradia à la lettre adressée au président de la République ont été autant de facteurs qui ont phagocyté un mouvement de grève parmi les plus tenaces que les professionnels de la santé aient initié.