Les critiques sur la question des migrants qui ont visé l’Algérie, ces derniers temps, dont certaines ne sont pas exemptes de volonté de mettre de la pression, voire de nuire, frisent l’excès. Il est évident que le phénomène des migrants subsahariens commençait à devenir problématique pour un pays qui a déjà du mal à assurer une qualité de vie digne pour sa propre population.

La question est plus que jamais posée aujourd’hui. L’Algérie a-t-elle la capacité d’absorption de flux massifs de populations en difficultés venant des pays voisins du Sud ? Un flux avec son corollaire de dangers sécuritaire, sanitaire et de désordre. La région du Sahel est devenue, aujourd’hui, un espace particulièrement instable où la question sécuritaire suscite une grande inquiétude. Les pays confrontés à ces périls sont en droit de se protéger dans un monde où on ne se fait pas de cadeaux. Il est évident que le désordre provoqué par la déstabilisation de la Libye, qui est bien le produit des puissances de l’Otan, a suscité une situation d’afflux migratoires importants. Il faut bien le dire, la question des flux migratoires venant du Sahel est aujourd’hui éminemment sécuritaire. L’Etat algérien est dans son droit de protéger son territoire des dangers imminents provenant de zones politiquement instables. Il est patent que l’Algérie refuse d’endosser un problème que les riches contrées européennes du nord de la Méditerranée repoussent comme la peste. Avec leurs moyens et capacités d’organisation, ces pays, on le voit bien, ont le plus grand mal à juguler ce flux migratoire parquant des masses humaines en difficultés dans des camps dans des conditions souvent extrêmes. Les accusations de maltraitance, voire de racisme, envers des populations fragilisées venant des pays du Sud, visant l’Etat algérien ne tiennent pas la route. Il est clair que toutes les reconductions aux frontières doivent se faire dans des conditions humaines, dignes et respectables. Ce que l’Etat algérien avec ses moyens propres s’oblige à respecter. Mais lorsqu’il s’agit de sécurité nationale, l’Etat se doit de prendre ses responsabilités.