Le gouvernement multiplie les efforts pour diminuer un tant soit peu le chômage dans notre pays. Jeudi, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, a rendu compte des résultats de ces efforts au travers du Dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP).

« Le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle a permis, depuis 2008 et jusqu’au mois d’avril dernier, le placement de plus de 2,4 millions de primo demandeurs au niveau national, y compris les bénéficiaires de contrat de travail aidé (CTA) », a-t-il indiqué en réponse à la question d’un sénateur, lors d’une plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales. Plus précis, il soutiendra que « sur un total de 2,1 millions insérés dans le cadre des contrats d’insertion professionnelle, 1 466 000 demandeurs ont été recrutés dans le secteur économique public, tandis que 634 000 l’ont été dans le secteur administratif ». A ce propos, le ministre a révélé que « jusqu’à septembre 2017, la majorité des placements ont été faits dans l’Administration, engendrant une saturation », ce qui a amené le gouvernement à rechercher une « approche économique à même de contribuer à l’absorbation du chômage ». Le gouvernement a raison, en effet, de réfléchir à des moyens alternatifs pour trouver des solutions au chômage. Puisque, dans une étude de la Direction générale du Trésor français qui se base sur des chiffres de l’Office national des statistiques (ONS), l’ampleur de ce phénomène est amplement mis en évidence : le taux de chômage dans notre pays, évalué à 11,7% pour 2017, a atteint 13,2% en 2018, du fait d’un ralentissement de l’activité économique. Le taux de chômage des jeunes s’établit, quant à lui, à 26%, tandis que le chômage chez les femmes reste plus élevé, c’est-à-dire 20% par rapport à celui des hommes qui est de 8,1%. Les auteurs de l’étude relèvent l’existence d’un système éducatif peu adapté aux besoins du marché du travail. Conséquence : le chômage des jeunes diplômés est en augmentation. « En Algérie, on observe un décalage entre le capital humain et les besoins du marché de l’emploi, en dépit d’importants investissements dans l’enseignement supérieur », souligne l’étude, qui précise que « la surreprésentation des étudiants inscrits en sciences sociales et humaines (près de 65 % ne répond pas aux besoins actuels de l’économie ». Aussi et pour pallier cette situation, « une inflexion est aujourd’hui apportée par les autorités pour mettre en place des formations diplômantes plus adaptées aux nécessités du marché du travail », estiment les auteurs de l’étude. Il note, cependant, que, dans tous les pays du Maghreb, le chômage des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur dépasse celui des personnes ayant un niveau d’instruction inférieur, indiquant qu’en Algérie, le taux était en 2016 à 16,7 %, « plus élevé qu’au niveau d’instruction inférieur ».