Entamé en janvier de l’année en cours via une liste de 851 produits suspendus temporairement à l’importation, le processus de maîtrise du flux commercial destiné à l’Algérie se poursuit. Le Journal Officiel n°29, publié jeudi, comprend en effet une nouvelle liste de produits suspendus à l’importation. Une liste dont la mise en œuvre ne concerne pas les marchandises additionnelles expédiées ou domiciliées avant la date de sa publication.

La liste des marchandises soumises au régime de restrictions à l’importation, annexée au présent décret exécutif, comprend 877 produits, soit 26 produits supplémentaires suspendus d’Omportation. Outre plusieurs types de viandes, les produits de la nouvelle liste comprennent des produits électroménagers, les téléphones cellulaires, les chocolats, les fromages, halwa turque, pâtes à tartiner contenant du cacao (Nutella), différentes pâtes alimentaires, les produits hygiéniques, portes et fenêtres en aluminium, papiers gommés, certains jus, produits boulangers ou pâtissiers, biscuits et pain d’épice.
A noter que cette actualisation intervient dans le cadre de la nouvelle stratégie du ministère du Commerce initiée par Saïd Djellab après les remous provoqués par la première liste mise en œuvre au 1er janvier dernier  auprès de plusieurs filières locales, dont celles des boissons, des arômes et de la céramique.
Les acteurs locaux avaient, en effet, dès les premiers jours de l’application de la liste initiale, fait part de difficultés d’approvisionnement en intrants compris dans la liste suspensive. Une stratégie qui consiste à adapter l’encadrement des importations selon les capacités productives locales de manière périodique.
Objectif, parvenir au «rééquilibrage de la balance commerciale» et «l’octroi d’une marge de manœuvre aux opérateurs économiques pour augmenter leurs capacités de production et encourager l’investissement dans certaines filières», expliquait récemment le ministre du Commerce Saïd Djellab. Pour rappel, l’autre intérêt pour l’Exécutif d’établir une liste suspensive à l’importation est d’en finir avec l’image de «marché de produits finis» qu’ont les partenaires commerciaux du pays. Néanmoins, malgré cette politique d’encadrement des importations, le gouvernement peine à réduire la facture onéreuse pour laquelle l’objectif est d’atteindre les 30 milliards de dollars (45 milliards de dollars en 2017). Mois après mois, depuis maintenant près de deux ans, la tendance observée confirme la résistance des importations aux différentes mesures de contingentement adoptées par le gouvernement, notamment après la publication, la semaine dernière, du bilan du premier trimestre 2018 par les Douanes algériennes, période qui a vu une timide baisse du coût des importations par rapport à 2017 et une hausse de la facture des produits alimentaires.