Le Syndicat national des enseignants hospitalo-universitaires (Snechu) a appelé les conseillers scientifiques et les chefs de service de différents établissements à « réduire l’activité de soins au service minimum et aux urgences ».

C’est ce qu’il a déclaré, dans un communiqué publié jeudi, suite à une réunion de session extraordinaire qui avait pour ordre du jour l’évaluation et la suite à donner à la grève des activités pédagogiques. Dans ledit communiqué,  le Snechu a justifié son appel par la crainte «d’un épuisement professionnel  de ces adhérents », en rappelant que la mission de l’hospitalo-universitaire n’est pas de faire le tri dans un pavillon des urgences. Le Snechu a expliqué que «durant les vacances universitaires, ni cours ni contrôles ne seront rattrapés». Concernant la grève des activités pédagogiques, entamées depuis le 29 avril dernier, le syndicat a dressé un bilan du taux de suivi de son mouvement à travers le pays par les trois départements.  En médecine, la grève, selon le bilan, est largement suivie avec une bonne adhésion sauf pour la faculté de médecine de Sidi Bel Abbès. Quant à la médecine dentaire, le taux national est de 50%, avec plus de plus de 90% à Alger, Blida et Tizi-Ouzou. Pour le département pharmacie, elle est partiellement suivie avec une moyenne nationale estimée à 40%. Le Snechu a ainsi décidé «à l’unanimité» de poursuivre la grève pédagogique de graduation et de post-graduation  concernant les cours, TD, TP, examens et soutenances de mémoire d’internat. Les membres du syndicat ont dénoncé  par ailleurs «l’intimidation » qu’ils ont subie de la part de l’administration, notamment les doyens qui ont fait appel aux médecins de santé publique, spécialistes, généralistes et à des agents administratifs pour assurer l’enseignement ou la surveillance des examens. «Le Snechu condamne ces pratiques qui n’honorent pas nos collègues doyens», se sont indignés les hospitalo-universitaires, en rappelant que la grève « est un droit constitutionnel».  Par ailleurs, le Snechu n’a pas manqué de s’interroger quant au mutisme de la hiérarchie à installer une commission intersectorielle pour satisfaire les différents points des revendications. «En absence de réponse, le spectre du durcissement demeure imminent »,  a menacé le syndicat, en appelant les étudiants à la compréhension de son mouvement en leur rappelant qu’ils «seront les premiers bénéficiaires de ses fruits dans leur future carrière universitaire ». La grève du Snechu coïncide avec celle des médecins résidents qui dure depuis plus de six mois. Les hospitalo-universitaires ont affirmé à plusieurs reprises que leur mouvement n’a aucun rapport avec celui des médecins résidents, mais ces derniers ont accusé le Snechu de « vouloir casser leur mouvement et les obliger à reprendre les activités hospitalières, notamment les gardes ». Les médecins résidents ont entamé une série de vote pour décider de la suite de leur mouvement. Est-ce qu’ils vont reprendre les gardes pour pouvoir négocier avec le ministre de la Santé qui a conditionné la reprise de dialogue par la reprise du service minimum ? Les résultats du vote seront dévoilés dans les prochaines heures, sachant que les wilayas qui ont voté pour le moment, comme Oran et Tizi Ouzou,  ont choisi de poursuivre l’arrêt des gardes.