Les services du ministère de la Solidarité veillent actuellement à élaborer le fichier national des bénéficiaires des aides sociales, avec l’actualisation des données liées à leurs dossiers. Des enquêtes se poursuivent sur le terrain pour s’assurer de la véracité des déclarations faites par les bénéficiaires.

Pour pouvoir mettre en application une politique de subventions ciblées, il faudra disposer d’un fichier national des personnes nécessiteuses ou à faible revenu. Ce qui n’est toujours pas réalisé. Mais depuis peu, le gouvernement s’attèle à mettre en application un nouveau système de subventions pour un « meilleur ciblage » des familles nécessitant le soutien des pouvoirs publics. En effet, le ministère de la Solidarité a entamé l’assainissement des listes des personnes nécessiteuses qui recevaient des aides de la part de l’Etat. « Des enquêtes sont menées auprès de tous les bénéficiaires », a indiqué, jeudi dernier, la ministre Ghania Eddalia en réponse aux questions d’un sénateur lors d’une séance plénière au Conseil de la nation.
Mme Eddalia a expliqué qu’un fichier national des personnes nécessiteuses ou diminuées sera établi afin d’adresser les aides sociales uniquement aux personnes qui en ont besoin. La ministre a précisé que le secteur avait «enregistré 944 883 bénéficiaires de l’allocation forfaitaire de solidarité, auxquels s’ajoutent 113 431 qui étaient inscrits sur la liste d’attente et ce, dans le cadre de l’actualisation des listes des personnes démunies ayant bénéficié des différentes mesures et dispositifs d’aide sociale, initiés par le secteur».
Cette opération d’assainissement des listes entre dans le cadre de la «rationalisation des dépenses et de la poursuite de la politique sociale de l’Etat, notamment en matière d’accompagnement des catégories démunies en vue de garantir leur accès aux aides qui leur sont destinées». En effet, le gouvernement est en phase de mettre en place une nouvelle méthode pour les subventions dans l’objectif de les orienter directement vers les personnes nécessiteuses. Les subventions qui coûtent des sommes faramineuses au budget de l’Etat sont distribuées d’une manière généralisée et profitent davantage aux riches qu’aux pauvres.
Cela dit, il faut croire que les pouvoirs publics ont pris conscience, du fait que les recettes financières du pays ont drastiquement diminué, de l’impératif de revoir le système des subventions. C’est d’autant plus très indiqué, que selon M. Benkhalfa, le passage aux subventions ciblées allait permettre à l’Etat de gagner près de 1 200 milliards de dinars, soit un gain «des deux tiers du budget consacré actuellement aux subventions et qui a été, en 2017, de l’ordre de 1 760 milliards de dinars», a-t-il fait observer lors de ses dernières déclarations.