Le Front Polisario accuse le Maroc de vouloir insidieusement réviser l’accord militaire n° 1, en s’adonnant à une campagne belliciste dirigée contre lui avec pour objectif final de remettre en cause le cessez-le-feu observé depuis 1991.

Il lui reproche également de mener une  campagne politico-médiatique auprès des Nations unies pour peser sur le fond du texte de l’accord, en semant la confusion sur les données géographiques inscrites dans l’accord militaire n° 1. Ce dernier, signé en 1997 entre la Minurso et le Polisario puis en 1998 entre la Minurso et le Maroc, établit une zone tampon délimitée par un mur de séparation dans laquelle il est interdit de mener des exercices militaires ou d’ériger des constructions dans les régions traversées de part et d’autre par le mur. C’est ce même accord, consécutif à la signature du cessez-le-feu, qui régit les relations des deux partis en conflit avec la Minurso et définit la zone démilitarisée ainsi que la présence des forces sahraouies et marocaines à l’ouest et à l’est du mur. Mais ce n’est pas la première fois que cette zone est source de tension entre le Maroc et le Front Polisario.
Début avril, le Maroc accusait le Front Polisario d’avoir déployé des hommes à El Guerguerat, en violation justement de l’accord. Mais les Nations unies ont démenti les accusations de Rabat, affirmant que la Minurso n’a observé aucun mouvement d‘éléments militaires dans ce territoire. Or, les Sahraouis dénoncent «les mensonges contenus dans une lettre envoyée jeudi dernier par le représentant permanent marocain, Omar Hilale, au président du Conseil de sécurité», dans laquelle «il évoque la création de sites militaires à l’est du dispositif de sécurité au Sahara occidental et parle de l’organisation de parades et de manœuvres militaires alors qu’il s’agissait de simples festivités organisées à l’occasion du 45e  anniversaire de la création du Front Polisario».
La même lettre d’Omar  Hilale a été suivie, deux jours après, par un appel à la retenue, lancé par l’ONU qui a souligné, dans la déclaration publiée samedi par les services de son porte-parole, «qu’aucune action susceptible de modifier le statu quo [instauré par l’accord militaire n°1] ne doit être entreprise». Selon des sources sahraouies, «ces propos doivent être adressés au Maroc qui a à maintes reprises violé les accords militaires», s’interrogeant si «les Nations unies voulaient réellement remettre en cause ces accords». Elles estiment que la déclaration des Nations unies a « été inspirée par le département des opérations de maintien de la paix (DPKO)». Pour ces sources «le DPKO doit cesser d’apporter de l’eau au moulin de la propagande belliciste marocaine», mettant en garde «contre un basculement qui remettra en cause le cessez-le-feu et l’accord militaire numéro 1».
«Ce qui se passe dans les territoires libérés est quelque chose d’ordinaire qui se déroule depuis des années sans que personne ne trouve à redire, ce qui n’est pas normal, par contre, c’est ce que fait le Maroc dans les territoires occupés où il viole les droits de l’Homme, pille les richesses des Sahraouis et renforce sa présence militaire», poursuivent-elles. Le Front Polisario dit rester attaché à la paix, à l’accord militaire n° 1 et à la négociation comme le préconise le Conseil de sécurité.