Les voisins de la Libye se concertent afin d’aider ce pays à se sortir d’une instabilité périlleuse pour toute la région. Il s’agit au moins de ne pas laisser ce pays sombrer dans un scénario à la syrienne qui pourrait avoir des conséquences désastreuses.

La proximité de la zone du Sahel au sud et la mitoyenneté de l’Europe dans le nord ajoutent à la situation hautement inflammable du cas libyen. Un risque dont les conséquences seront directes pour les voisins de ce pays. Inévitablement. D’où l’impérieuse nécessité de redoubler d’efforts afin de trouver une solution politique et consensuelle entre les parties en présence. Les interventions étrangères directes ou indirectes sont toujours de mise dans ce pays riche en hydrocarbures, ce qui indéniablement complique sa rémission et sa stabilisation définitive. Les soulèvements populaires appelés «printemps arabes» sont finalement apparus aujourd’hui pour ce qu’ils sont : un processus de déstabilisation à grande échelle des pays du Monde arabe. Aujourd’hui pratiquement aucun pays de ces fameux printemps n’est en situation de stabilité, ce qui fait déjà renaître, par exemple, les nostalgiques de la période Benali en Tunisie ou Moubarak en Egypte. La crise politique en Libye était particulièrement prévisible après la chute du régime Kadhafi qui dirigeait un pays sans institutions. La fin de Kadhafi suite à l’intervention de l’Otan aura finalement signifié la fin de la Jamahirya et l’entrée de ce vaste pays nord-africain dans une phase d’instabilité chronique avec ses ingrédients devenus classiques dans le Monde arabe : insécurité, groupes armés extrémistes et multiplications des sources du pouvoir. La Libye est aujourd’hui à un carrefour important de son histoire. Ce qui compte, ce sont les possibilités dont disposent les voisins de la Libye et la capacité à parler avec des Libyens qui, pris dans la folle bataille du pouvoir, ne se rendent pas compte qu’ils seront tous perdants.