Au deuxième jour des débats autour de l’avant-projet de loi sur le règlement intérieur de l’Assemblée populaire nationale (APN), la majorité des député se sont élevés contre les sanctions financières prévues pour lutter contre l’absentéisme des séances plénières et des travaux des commissions, tandis que des députés de la majorité (FLN et RND) sont montés au créneau pour revendiquer l’augmentation de leurs indemnités…

C’est notamment le cas de la députée du Front de libération nationale (FLN) Akila Rabhi. Selon elle, «le député n’a pas la considération inhérente à sa fonction et il travaille dans des conditions difficiles et intenables».
Elle revendiquera dès lors une augmentation des indemnités. «Il faut que le salaire du député soit augmenté à la hauteur de la fonction qui lui incombe», lance-t-elle, au motif que «cela lui  permettra de tenir ses promesses envers ses électeurs et d’engager des consultants pour lui fournir des analyses adéquates sur les projets de loi en débat à l’APN ».
Aux yeux de la députée de Blida «260 000 DA par mois sont insuffisants pour un parlementaire ».
« Il n’y a pas suffisamment de moyens entre les mains des députés pour leur permettre d’être sur le terrain, sachant surtout que les portes des administrations locales sont fermées aux députées leur sa propre wilaya», a-t-elle plaidé. Ferhat Chabekh du Rassemblement national démocratique (RND) appelle à accorder « plus de  moyens », mais sans toutefois revendiquer clairement la révision du salaire des parlementaires de la chambre basse. Mais le sous-entendu a été clair pour de nombreux parlementaires. Les préoccupations pécuniaires des députés n’ont pas concerné seulement leurs salaires, mais ont été tout autant soulevés lors de l’évocation des sanctions financières à l’encontre du phénomène de l’absentéisme des séances plénières et des travaux des commissions.
C’est ainsi que les parlementaires refusent en bloc les sanctions financières en rapport avec l’absentéisme. C’est le cas de la députée du Parti des Travailleurs (PT), Khadidja Boudine,  qui a souligné que « les sanctions prévues dans le projet du règlement intérieur sont très sévères ». Elle suggère en contrepartie « de s’en tenir à l’article 72 qui stipule les cas où le député est interdit de prendre la parole ». Idem pour  le député du Front des forces socialistes (FFS), Djamel Bahloul, selon lequel « la déduction des indemnisations comme sanction en cas d’absence ne résoudra pas le problème de l’absentéisme ».
Dans le même ordre d’idées, Youcef Bekouche, député du parti El Moustaqbel, a dénoncé « l’infantilisation des députés par l’administration ». Ironisant sur les ponctions sur les indemnités parlementaires, il indiquera qu’« on devrait faire la queue chaque jour et pointer pour que l’administration s’assure de notre présence », avant d’estimer que « la présence des députés est une question d’éthique qu’on ne peut sanctionner à travers des défalcations sur leurs indemnités ». Certains députés, notamment ceux du FLN, n’ont pas osé critiquer ouvertement  les ponctions sur les indemnités du parlementaire mais plutôt l’article qui l’évoque. C’est le cas notamment du député FLN Naoum Ben Lakhdar,  selon lequel « certaines dispositions du projet de loi, notamment l’article 69 relatif aux sanctions prévues à l’encontre du député en cas d’absence aux travaux de l’Assemblée populaire nationale et des plénières, comportent des dépassements et des expressions inconvenables pour le député ».
Mohamed Kadik du même parti soutient, quant à lui, que « les dispositions de la Constitution relatives à la question des absences sont en contradiction avec les articles du projet de règlement intérieur à l’examen». A ses yeux, « l’absence visée dans la Constitution s’entend de l’abandon total par le député de ses tâches parlementaires et non pas des absences successives ».
D’autres préoccupations ont été soulevées par les députés à l’instar du recrutement au niveau de l’Assemblée nationale. Mohamed Guidji, député RND de M’sila, a critiqué « la politique de recrutement au sein de l’APN qui se fait de manière opaque, où il a été question d’employer des proches, ce qui a transformé le Parlement en une institution d’amis ». De même qu’il a dénoncé « un système arbitraire de promotions dans les postes de l’administration à l’Assemblée nationale ».