Depuis l’arrivée de Donald Trump aux commandes  des Etats-Unis, les signes d’un lobby sioniste plus fort que jamais auparavant à la Maison-Blanche ne trompent pas, et son influence sur la politique étrangère américaine est même devenue aisément décryptable à travers le (re) déploiement d’un chef d’Etat qui donne l’impression d’agir seul contre tous, y compris contre une bonne partie de ses compatriotes, mais qui, réellement, opère pour les intérêts  d’Israël.

Et c’est dans cette logique que s’inscrit la décision de Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, explique le politologue et consultant Cherif Dris. « Le lobby sioniste était, certes, bien implanté dans l’administration américaine du temps des anciens président Obama et Bush, mais ces derniers pouvaient se permettre des manœuvres diplomatiques dans certains dossiers pour préserver la sécurité en prenant le soin de ne pas nuire aux intérêts d’Israël », rappellera M. Driss, citant notamment le cas du conflit palestino-israélien. Sauf qu’aujourd’hui, souligne-t-il, « ce lobby est devenu trop puissant dans l’administration américaine, faisant que la seule sécurité à préserver par les Etats-Unis est celle d’Israël, quitte à ce que la politique américaine dans ce sens aille à l’encontre des alliés, même parmi les Européens ».
Notant  que la décision du président américain, de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Israël vers Al Qods, avait déjà constitué un signe fort de la montée en puissance du lobby sioniste au sein de la Maison-Blanche et des sphères décisionnelles qui gravitent autour de cette institution, notre interlocuteur n’hésite pas à se demander si Donald Trump ne serait pas en train d’appliquer l’agenda israëlien pour le Proche-Orient où l’Etat sioniste possède le statut de seul détenteur de l’arme nucléaire et qu’il veut conserver en réduisant les chances sur ce registre d’un concurrent et ennemi nommé Iran. « Les Américains et le clubs des puissances nucléaires n’acceptent pas que l’Iran ou le Pakistan deviennent leurs égaux en la matière », souligne Cherif Driss.
En plus de détenir l’arme nucléaire dans le Proche-Orient, Israël est la première puissance militaire dans la région.  En septembre 2016, les deux grands alliés américain et israélien se sont entendus pour augmenter à 38 milliards de dollars l’assistance militaire américaine pour la période 2019-2028, au lieu de 30 milliards de dollars pour la période 2009-2018. Israël, qui a réaffirmé qu’il ne permettrait pas à l’Iran de s’implanter militairement en Syrie, a aussi été accusé par Damas d’avoir mené des raids sur le sol syrien, notamment en avril, qui ont provoqué la mort de militaires iraniens et syriens.