Le collectif Nabni a rendu publique hier l’intégralité de la « Réforme des subventions et la compensation des pertes de pouvoir d’achat» qu’il avait présentée en mi-mars dernier.

Ce que propose Nabni, dans ce qui s’apparente à une feuille de route « chiffrée », n’est ni plus ni moins que de paver la voie à un nouvel Etat social en vue de préserver la « justice sociale », qui passera, à ses yeux, soit par le ciblage progressif de tous les ménages déclarant un revenu inférieur à un certain plafond, soit par l’instauration d’un revenu universel individuel. Surtout, il réitère sa volonté de vouloir soumettre au débat général la question des subventions et de la considérer  comme un « chantier » national, en lui conférant l’expertise et les moyens qu’il requiert. Nabni est convaincu que les deux options-solutions qu’il propose « sont moins chères que les subventions actuelles (plus de 13% du PIB, dont plus de 7% pour l’énergie) et élimineraient les distorsions et gaspillages du système de subvention universelle des prix (surconsommation, fraudes, etc.)». «Elles généreraient des économies considérables au budget de l’Etat (plus de 8% du PIB pour le ciblage progressif et 5% pour le revenu universel), tout en protégeant une part plus large de la population que ce que propose le gouvernement », explique-t-il.
Par ce texte, le collectif entend amener le gouvernement « à ouvrir le débat à une consultation nationale sur la question de la réforme des subventions et de notre modèle de redistribution sociale ». « Ce dossier stratégique doit être élevé au niveau de Chantier de la décennie 2020, et doit être pensé, débattu, conçu et équipé comme tel. Une institution nationale forte et équipée des meilleures expertises doit le mener. Ce chantier, au lieu de faire l’objet d’annonces presque mensuelles aussi légères que contradictoires, doit être porté de manière visible et engagée par le chef de l’Etat et son gouvernement, et bénéficier du plus grand appui politique », souhaite-t-il. Non sans promettre de poursuivre son effort intellectuel en proposant une nouvelle contribution qui portera sur la réforme fiscale et budgétaire qu’il veut «majeure ».
« La réforme de la fiscalité ne peut être dissociée de la réforme des subventions que nous proposons dans cette publication. La charge de l’ajustement budgétaire doit être équitablement répartie entre les entreprises, les citoyens les plus riches, et le reste de la population », écrit Nabni. Il estime que « même avec les transferts monétaires proposés, réduire les subventions ferait peser le poids de l’ajustement de manière disproportionnée sur les classes moyennes. Ce programme de transferts doit également trouver de nouvelles sources de financement soutenables ».